EGON MÜLLER : TOUTE UNE DYNASTIE

E. Müller, M. Ingels, X. Vanderghinst
E. Müller, M. Ingels, X. Vanderghinst

 

 

Mon billet précédent évoquait les visites

que nous faisions

au beau vignoble

autour de Trêves, l'un des meilleurs au monde

selon moi.

 

 

 

 

Son fleuron incontesté, et sans doute le domaine le plus célèbre de toute l'Allemagne, se trouve au Scharzhof à Wiltingen, chez Egon Müller (sur 5 générations). 

 

Celui des Egon que nous avons le mieux connu, parti vers les vignes éternelles il y a une bonne dizaine d'années, était un personnage hors du commun et fort sympathique. Il nous recevait dans une espèce de petite antichambre de l'entrée de la belle propriété, où un guéridon attendait, à côté de tout petits verres et d'un nombre impressionnant de bouteilles, du dernier millésime, prêtes à être dégustées. Il ne disait rien, mais attendait avec un réel intérêt l'avis de ses visiteurs. Souvent, on apercevait un léger sourire quand nous avions sorti du lot (et essayé de commander) un des vins que lui-même préférait. Mais c'est son courtier aux Ersteigerungen de Trêves qui détenait le Sésame à nos désirs.

 

Par contre, rituel absolu, on partait ensuite dans la bibliothèque avec vue sur le Scharzhofberg où il avait son fauteuil favori et il nous offrait un Auslese 1959, année de naissance de son fils Egon, qui dirige le domaine à présent. Il le partageait avec nous.

 

En fait, un médecin à la vue étroite avait prétendu qu'il souffrait d'une forme heureusement peu accentuée de pancréatite chronique, et lui interdisait l'alcool. En vérité, il était sujet à des rhumes et bronchites récidivantes - il fait froid et humide sur les hauteurs de la Saar - pour lesquelles ont lui prescrivait un sirop contenant ... des dérivés de la codéine. Et c'est ce foutu opiacé qui "coinçait" sa fonction pancréatique. Il ne le découvrit que très tard. Un des plus illustres vinificateurs de son époque s'est donc vu interdire pour une large part de pouvoir jouir du bon vin suite à une ... erreur médicale.

 

Nous, heureusement, n'étions soumis à aucun interdit de ce genre. Il en reste encore un témoignage dans ma cave corneillanaise, qui se réduit malheureusment à moins de 50 bouteilles à présent. Chez les Müller également, la capsule à vis a réglé le problème des trop fréquents "goûts de bouchon", véritable plaie des vénérables vieilles bouteilles, d'autant que le riesling ne supporte absolument pas une oxydation excessive, en plus. 

 

J'espère bien qu'un 15 août me reverra un jour, avec Michel,

traverser la Moselle à Konz et remonter la colline

qui monte au Scharzhof, comme nous l'avons fait si souvent. 

 

Par contre, je pense que le restaurant Scheid, à Wasserliesch, où nous avions de temps à autre satisfait notre appétit (excellent foie gras à la gelée d'Eiswein) a été fermé entretemps, avant de réouvrir sous une autre direction. 

 

Voilà un sujet à investiguer.

 


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Commentaires : 2
  • #1

    Xavier Van der Ghinst (mercredi, 08 juillet 2015 18:14)

    Journée magique. Tellement sous l'impression du personnage,que si j'avais eu un fils, je l'aurais prénommé Aegon... Te souviens-tu de l'anecdote sur " préférence pour le champagne Pommery"...

  • #2

    Luc Charlier (mercredi, 08 juillet 2015 18:17)

    Vaguement. Suppose qu'il s'agit d'Yvan et Dominique.