VOTRE LEON COMME UN VIEUX CON CHEZ ANTOINE DELMAS

 

 

 

La soirée d'hier

ne s'est

pas du tout

déroulée

comme prévu.

 

 

 

 

 

 

Je vais vous conter ça par le menu, façon de parler pour un restau qui n'en a pas, pas plus que de carte. Il ne les accepte pas non plus, les cartes. Je vais néanmoins jouer cartes sur table.

 

J'ai rencontré lors de ma - première - participation au "Salon de Patrick Böttcher" *, normal car c'en était aussi la première édition, deux personnages hors du commun. Want zoveel was meteen duidelijk.  (* Vini, Birre, Ribelli )

 

Le premier gagne sa vie grâce aux troncs. Il n'est pas débardeur mais sa famille fabrique depuis cinq générations des ... cierges et autres articles de culte. N'oubliez pas la désinence. Pour rire, il importe aussi depuis peu des vins peu conventionnels en Brabant wallon. 

 

Le deuxième élabore dans les Maremme un très bon vin toscan, avec des cépages toscans principalement. Super, non? Oui, cela arrive quelquefois.

 

Ce que fit le quatrième, n'est pas dit dans ma chanson.

 

Pourtant, vers 18 heures hier, un message à mon intention tombait sur le portable de Christine, sans le fracasser: "Est-ce que tu nous rejoins au Cabaret ce soir?". Signé: ta Lulu chérie. Je n'ai pas su tout de suite comment expliquer cette invitation sybilline à ma compagne, pourtant amalfitaine.

 

Renseignements pris, le message émanait d'Olivier et Pablo, mes quidams. Nous nous sommes donc retrouvés chez Antoine et Emilie (au bout d'un sentier) pour un impromptu gastronomique, en nocturne et à plusieurs mains.

 

La marée vient d'un fournisseur livrant surtout les professionnels, au Boulou, mais il s'approvisionne lui-même à la criée du port espagnol de Llança. Elle dégouline de fraîcheur. Un a priori régionaliste qui frise la monomanie règne ici, en phase avec mes préférences personnelles pour tout ce qui vient de la Mer du Nord et des eaux froides en général. Ceci prouve ce que je pressens depuis toujours: les esprits de clocher expriment la même étroitesse d'esprit partout dans le monde. Ma propre connerie rejoint celle des autres. Tout simplement, ceux qui recherchent le bon le trouvent souvent près de chez eux et développent une habitude de "voir midi à sa porte" qui n'est dérangeante que lorsqu'on n'en a pas conscience. Les palourdes de notre taulier (< taula) et ses sardines, la grosse crevette de la baie de Roses (et alentour) et le merlan de Galice, son riz noir parfaitement assaisonné et gonflé façon risotto, le dessert sous forme d'une petite pêche plate (dite "de vignes" mais c'est un misnomer) rôtie et puis les fromages (j'ai changé l'ordre d'apparition) cantalo-calvadosso-briards nous ont régalés, tout aussi parfaitement que s'ils eussent été plus septentrionaux.

 

On m'expliquera en passant par quelle translation géographique (la tectonique des plats, sans doute) les ports de pêche de Galice effectuent leurs prises en Méditerranée et puis, pour ergoter, je continue de penser que l'habitude britannique de déguster les douceurs avant le fromage est la meilleure: on peut ainsi profiter à l'envi des vins mutés. Mais ne boudons pas notre plaisir: partie grâce à la compagnie, partie sous l'emprise du maître des lieux (et des femmes qui, comme au lancer du couteau les yeux bandés, le mettent en valeur), partie par l'excellence de la table, partie par la Spielerei des vins servis, ma soirée de vieux con fut inhabituelle et réussie.

 

Ma'ame Civale a pris le guidon pour rentrer. Non, nous n'étions pas en deux-roues mais Prudence, plus que Moderaçion, nous a imposé une vitesse "raisonnable", du genre cyclo-touristes d'un club du troisième âge à l'assaut du Kemmelberg et c'est à deux heures du mat' bien sonnées que j'ai vu le pillow. Trop tard pour un talk.

 

Merci à vous tous, messieurs, mais encore plus à ces dames. Antoine, tu as raison de laisser les culs sur le zinc.

 

Adresse du jour: 04.68.83.34.57 entre Montesquieu-des-Albères

                             et Le Boulou. Téléphonez pour trouver votre chemin

                             jusqu'à ... Trompettes Hautes.

 

Écrire commentaire

Commentaires : 0