E PERICOLOSO LASCIARSI ANDARE .... 

Le sourire de Christine fait merveille ... quand il y a des visiteurs
Le sourire de Christine fait merveille ... quand il y a des visiteurs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici le billet

de tous les dangers

pour moi ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je n'aime pas (euphémisme) "Sud de France", l'usine à gaz de type atelier protégé de Georges Frêche. D'ailleurs, "ceux du Languedoc" ont fait comprendre à notre interpro qu'on les "gênait" un peu quand ils montaient à Paris, par le passé.

 

Je n'aime pas trop l'action de mon interpro non plus. Pourtant, nous sommes en bons termes, à titre individuel. Je m'entends correctement avec le département export, qui ne peut pas faire grand chose pour une petite exploitation comme la mienne. Je ne lui demande d'ailleurs rien et il me donne entière satisfaction. Il n'existe aucun contentieux entre nous cependant: je ne fais tout simplement pas partie de la paroisse dont il s'occupe. 

 

Je m'entends très bien par contre avec l'équipe chargée de notre promo dans l'Hexagone, notamment en la personne du charismatique Yves Zier. Il ne peut faire que très peu de choses pour moi, mais s'y prête avec zèle quand c'est possible. C'est un homme efficace et dévoué, non dépourvu de finesse en plus. Je n'attends pas la lune d'eux, mais ils me préviennent quand il y aura une éclipse.

 

Je réprouve la politique générale de l'institution, tout pour les Aspres et les grosses structures, tout pour le muscat et cette horreur de muscat de Noël et tout pour une publicité bas de gamme, généraliste et niaise. Mais je les comprends: le budget provient en grande partie des "cotisations volontaires obligatoires" et ce sont ces entités-là qui contribuent le plus. Il est donc normal qu'ils soient bien traités. Je ne crie pas au scandale, je ne râle pas, même si cela ne fait pas mon affaire.

 

Enfin, je déplore l'importance d'une manifestation comme "les Bacchus", qui ne représente rien et ne fait aucun bien à l'image des vins de notre département. Quand on voit "Toques et Clochers" en comparaison ... Mais il ne m'appartient pas d'en juger.

 

Bon, jusque là, je m'attends à ce qu'on me tire un coup de fusil (de chasse) dans le dos.

 

Pourtant, je reviens de Paris ... content. Je vais vous expliquer cela en long et en large.

 

Au début de l'année, un certain M. Quarin, inféodé au négoce bordelais et à la presse spécialisée parisienne - c'est la même chose - a publié un article peu élogieux relatant une dégustation verticale de deux "stars" du Languedoc-Roussillon, deux grands vins dont les "patrons" ont par ailleurs des personnalités très différentes: l'expansif Gérard du Domaine Gauby et le plus secret propriétaire de La Grange des Pères. Le premier est responsable de ma venue dans la vallée de l'Agly et les vins du deuxième m'ont ouvert la porte du magnifique terroir de Montpeyroux. Pour M. Quarin, dont j'ai lu le papier in extenso, il n'y a pas lieu de s'extasier, alors qu'il a comparé plus de dix millésimes des deux domaines. C'est son droit d'avoir cet avis, de le publier. C'est mon droit de penser qu'il passe pour un "Gugusse".

 

Comme si cela ne suffisait pas à notre bonheur, une collaboratrice du pourtant sérieux magazine britannique "Decanter", auquel j'ai été abonné quand j'étais petit (excellente qualité de l'anglais, pas de faute et belles photos), a fait un récit très dépréciatif de la dégustation d'une CENTAINE d'échantillons de Côtes-du-Roussillon (notre AOP). Le classement qu'elle en a établi bouleverse totalement la hiérarchie normalement reconnue et le niveau moyen est jugé très sévèrement. Heureusement (?) pour moi, je n'avais pas répondu à la demande d'échantillons: je crois qu'il fallait payer les frais de port jusqu'en Angleterre (je ne suis plus si sûr) d'une part, et je n'ai de toute façon pas d'importateur là-bas, d'autre part. A quoi bon donc ? Je précise que l'auteure est une "MW", appartenance qui ne m'a jamais impressionné beaucoup par la compétence de dégustateur de ses membres, mais bien par sa prétention sans fin et, je le reconnais, un certain niveau d'érudition scolaire et convenue. Il existe des exceptions, comme l'excellent Jan de Clerck (à Maldegem). Tiens, un Flamand ! 

 

Or donc, d'aucuns - comme on dit - auraient reproché à notre interpro de ne pas avoir su "manipuler" les journalistes. Je m'inscris en FAUX personnellement contre cette vision. Par contre, je suis d'accord pour penser qu'il faudrait faire un effort beaucoup plus important pour attirer chez nous, constamment et avec des dossiers de presse sérieux, plein de meneurs d'opinion et des prescripteurs. L'argent des Bacchus et des affiches à la mors-moi-le-noeud ("Le rouge qui bouge", par exemple) serait plus utilement utilisé à cela. 

 

Suite à cela - ça, c'est mon interprétation personnelle et ne correspond pas forcément à la vérité - "on" a loué un des plus beaux salons de Paris, récemment restauré à sa splendeur d'antan, le Pavillon Dauphine. On y a commandité un service traiteur exceptionnel (service, qualité, originalité) et on a proposé à 60 d'entre nous de profiter de tout cela gratuitement. On a monté nos vins, on nous a livré tous les accessoires nécessaires et nous avons été informés en temps et en heure des préparatifs: un très beau boulot de pro. 

 

Une seule chose n'a pas été prévue: le Roussillon n'est pas Pomerol et 60 culs terreux des Pyrénées Orientales ne suffisent pas à attirer la grande foule, d'autant qu'une dizaine d'autres manifestations vineuses avaient lieu à Paris le même jour, ainsi qu'un salon bobo-gastro-branchouillard: Omnivore.

 

Résultat: je ne pense pas - on peut me détromper - que nous avons reçu 70 visiteurs professionnels en tout. Moi, j'ai accueillli 10 personnes sur la journée ... dont trois que j'avais invitées et prévenues moi-même. On n'a pas vu un seul vrai ténor de la presse ni aucun "grand" sommelier de renom. 

 

Ce n'est pas la faute au CIVR si nous ne sommes pas célèbres, et c'est une belle leçon d'humilité pour nous tous. Mais il existe des agences de com', dont c'est le METIER de rameuter ceux qui comptent. Et là, oui, il faut faire du lobbying: petits salons privés, taxis qui vont chercher ces messieurs, bouteilles de dégustation livrées à domicile ou à la rédaction, dossiers de presse personnalisés, repas dans les beaux restos le soir (avec un vigneron qui se dévoue, pourquoi pas), visiteurs étrangers invités tous frais payés ... Les Bordelais et les Champenois le font. Je le sais, j'en ai bénéficié moi-même par le passé, alors que je ne représentais RIEN ou si peu. M. Vranken m'a dit lui-même, avec la délicatesse qui le caractérise: "Ah oui, In Vino Veritas, le magazine des pauvres!".

 

Du temps où feu André Parcé dirigeait le Dom. du Mas Blanc (et un peu le mouvement coopératif banyulenque), il faisait cela à merveille ... et tout le temps. Avec les résultats qu'on connaît: l'étranger connaissait le Banyuls (pas Maury) et, à Banyuls, le nom qui figurait sur -presque- toutes les bouches c'était ... Parcé. Ce Parcé-là, je veux dire. 

 

Voilà, cette prise de position sincère ET CONSTRUCTIVE ne va pas m'attirer que des amis, mais au point où j'en suis .... Par contre, elle constitue un encouragement sans faux-semblant à répéter encore et encore ce type d'actions, qui était PARFAITE, mais en améliorant la publicité et l'attractivité pour les gens qui comptent. Ce n'est pas facile, plus difficile que d'ouvrir dix bouteilles de rosé au Palais des Rois de Majorque. Et cela ne marche pas du premier coup. Mais il faut le faire. 

 

Malgré Decanter, malgré les valets des appellations en vue, nous sommes des dizaines à produire des vins merveilleux dans le département. Il faut maintenant le faire savoir autrement que par des médailles en chocolat et des auto-congratulations. Nos clients, ce n'est pas l'Indépendant ou le Travailleur Catalan qui va nous les amener, ni les campings d'Argelès, ni les "aîoli-plaza" sur la route du Perthus. 

 

Bravo encore à tous ceux qui ont créé cet événement.

Il reste à y faire venir du monde, beaucoup plus de monde.

 


PS: Pendant quinze ans, mon ancien métier a consisté à accompagner des scientifiques dans les congrès médicaux, à servir de lien entre le laboratoire de recherche et les professeurs d'université, à aller voir les ministres de la santé et leurs cabinets. Je n'ai JAMAIS donné d'argent, pas un kopek, mais je me suis arrangé pour qu'ils aillent voir ce que je voulais, pour qu'ils aient en main un dossier bien fait et dans leur langue (ou en anglais correct). Après, c'était aux commerciaux à jouer. Eh bien, le rôle d'une interpro, c'est de faire venir les gens qui comptent dans les domaines, ou bien sur nos salons. Après, c'est aux vignerons de jouer. 

 

 

 

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