LAGAJAN : IT IS NOT "ALL GREEK TO ME"

 

 

Αρτέμιος "Ντέμης" Βεντούρης-Ρούσσος,

alias Demis Roussos, n'avait pas 70 ans au moment de son décès.

Il nous laisse de

très bons souvenirs, notamment au sein des

"Aphrodite's Child".

 

 

 


Ceci tendrait à prouver qu'il ne buvait pas assez d'Armagnac.

 

La modération pourrait se traduire par "μετριασμός" en grec moderne, l'inverse de "l'ubris ou hybris" de la littérature grecque classique, ce que les dieux n'aimaient pas chez les humains. Certes, il ne faut pas boire trop, mais un peu d'Armagnac tous les jours ... voilà qui fait les centenaires. Je vous en apporte la preuve, par la première loi de la potodynamique, qui contredit la fameuse loi d'Evin: 

"Bois Armagnac très tôt matin,

ensuite de Coume Majou le bon vin".

 

Sur mon illustration, vous découvrez des individus vénérables. Vous connaissez tous Christine, née le 19 décembre 1938 et qui ne fait absolument pas son âge. Elle déguste régulièrement du bon Armagnac. A l'extrême droite et à l'extrême gauche, vous avez des frères Baco blanc, centenaires, rempotés et taillés pour l'occasion. On rappelle que cet hybride obtenu au 19ème siècle par un croisement

entre de la folle blanche et du Noah fait partie de l'encépagement de l'Armagnac et qu'il est évidemment producteur direct (de qualité).

 

A gauche, vous découvrez Gisèle, la descendante - par les femmes -

du Domaine de Lagajan, qui appartint successivement (car elles épousaient des hommes aux patronymes changeants) aux familles Noulens, Castex et Dulau. Je l'ai rencontrée à la fin des années '90, au cours d'un reportage que je faisais sur les armagnacs. C'est au dégustoir du CNIA, à Eauze, que l'on m'avait conseillé de lui rendre visite. Ses eaux-de-vie sont succulentes et cette dame est charmante.

 

Son mari, je l'ai rencontré la fois suivante (car je suis devenu un client fidèle, même si mes visites sont espacées). Et surtout, alors que la chèvrière préférée de la Coume Majou, exploitait ad interim une fromagerie à Campagne d'Armagnac, nous nous sommes retrouvés à partager la soirée de la Saint-Sylvestre, elle, son amie Véronique, ma fille Virginie et moi, au pied de l'alambic avec l'équipe de Lagajan, sans doute en 2004 ou 2005, juste avant mon installation. C'est une tradition ici que de faire couler de la blanche toute jeune (vieille de quelques minutes à peine) avec des amis du domaine ce jour-là, devant la chaudière en train de bouillir.

 

Donc, Constantin Georgacaracos, le dernier personnage de mon cliché, porte à présent - presque - 80 ans et nous a accueillis hier avec un dynamisme et un humour incroyables. Débarqué en région parisienne - petit bonhomme

âgé de 4 ans - il s'est arrêté à la sortie d'Eauze même pas 20 ans plus tard et ... n'en est plus reparti. Cela fait 57 ans qu'il est marié à Gisèle. Résultat, les exploitants actuels, Katia et Dimitri, s'appellent encore toujours Georgacaracos ! 

 

Et moi, je bois leur "chevalier". C'est le nom que portent les mises d'environ 15 ans d'âge de leur meilleur millésimé. Ce sont toujours des eaux-de-vie denses et sombres, aux forts accents de pruneau et sans rugosité. Il s'agit de Bas-Armagnac typés, le parc à barriques contenant pas mal de "chauffes fortes", provenant du dernier tonnelier gersois encore en pleine activité. Je recommande vivement ces bouteilles. 

 

Merci encore à Gisèle et Constantin pour l'amabilité de leur accueil.

Nous dégusterons avec plaisir leur "Cuvée des Ortolans"

- cela vaut largement des grives, non ? -

un gros manseng légèrement liquoreux si j'ai bien compris,

alors qu'eux tasteront de la Loute.

 


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Commentaires : 1
  • #1

    Meilleur Armagnac (mardi, 09 août 2016 14:48)

    Je suis vraiment impressionné avec vos compétences en écriture et aussi avec le format sur votre blog.