2005 UN TRIO DE CHOC

 

 

A l'occasion des

DIX ANS du domaine,

c'est le moment rêvé

pour passer en revue

notre production dans

ce premier millésime

de notre histoire.

 

 

 

 

 

La cave fut finalement prête à accueillir le raisin le 19 septembre 2005. Je rappelle que j'ai reçu les clés à la signature de l'acte authentique, en fin de matinée le

13 juillet et TOUT restait à faire (dalle de ciment, électricité, égoûts, climatisation et cuvier! ).

 

Les vendanges de rouge commencèrent de facto au cours de l'ultime semaine de septembre et nos derniers grenaches furent rentrés bien avant dans le mois d'octobre, sur Saint-Paul de Fenouillet. Dans certains coins, je comptais plus de

5 % de raisins secs, genre Corinthe. Certains pensent qu'il faut les éliminer - ils ne donnent quasiment pas de jus et seraient "vulgaires" - mais je ne suis pas de cet avis-là. Les gourous et les donneurs de leçons sont rarement les payeurs.

 

Commençons par la Cuvée du Casot 2005. C'est certainement le vin le plus solaire de toute ma production à ce jour, la même cuvée en 2008 la talonnant de près. Voici ce que le Guide Hachette en dit, dans son édition de 2008, notre première participation à la sélection : " ... (elle) mêle au nez la mûre et le cassis écrasé à une agréable touche poivrée. Onctueux, rond, suave, plein et long, construit sur des tannins croquants, c'est un vin gourmand qui donne envie d'un foie gras aux fruits rouges. Le coup de coeur n'est pas loin ...". On nous décerne trois étoiles pour cette cuvée. 

 

C'est vrai que la vendange très mûre (au-delà de 15 vol % une fois fini), qui n'a heureusement laissé que trois petits grammes de sucre résiduel - bien pour un vinificateur débutant - couplée au fort vent de notre coteau a fourni un vin dense, puissant, mais de belle acidité. Notre camarade Sébastien Kellner, mieux connu comme le "fou du vin" en Belgique, qui le goûtait (sous anonymat) chez Daniel Marcil à l'époque, croyait qu'il s'agissait d'un "Amarone très sec". Ce n'est pas mal, comme description. Actuellement (bouteille vidée comme accompagnement d'un faux-filet), la robe est restée presque noire (si on laisse bien le petit dépôt au fond de la bouteille) et le nez s'ouvre largement sur des notes goudronnées, empyreumatiques, mais aussi sur toute la lignée terpénique (menthol, eucalyptus, écorce d'orange) et encore et toujours sur la griotte et le pruneau d'Ente. En bouche, c'est un "poids lourd de Grand Prix": pas de côté massif et une vivacité surprenante. L'absence de collage et de filtration, doublée d'une obturation parfaite (capsule à vis), ont assuré un vieillissement optimal - extrêment lent - à cette bouteille qui vivra encore 10 ans au moins. Mais il ne reste qu'une vingtaine de cartons au domaine.

 

Le petit frère, ma Cuvée Majou 2005, ne le cède en rien. Il s'agit d'autres parcelles de grenache, provenant de l'autre côté de la combe à Saint-Paul, mais surtout de Tautavel et d'Estagel, et elle contient nettement plus de carignan. De ce fait, elle gagne en élégance ce qu'elle perd en puissance. C'est le vin préféré de "la vioque" de ce blog, Madame ma Mère. Assez "solide" mais aux tannins bien fondus, voilà ma vision du Côtes-du-Roussillon qu'on peut obtenir dans l'Agly. Les millésimes 2007, 2008 et 2012 sont construits sur le même modèle. Pour le 2005, je dispose d'environ 200 bouteilles encore. Il est amusant de noter que le sommelier qui seconde Sylvain Joffre (En Pleine Nature *), Alexandre Thellier, vient de m'en commander pour la cuisine si fine et inventive de cet ancien élève de Michel Bras. Cela m'enchante! 

 

Enfin, un "cas à part": la Cuvée Miquelet 2005. Elle aussi a été retenue par le Guide Hachette 2008 (une étoile); pourtant, son début de vie fut mouvementé. En effet, il s'agit d'un grenache maurynate où je prélève mes raisins pour les deux vins doux naturels (le Grenat et le Jolo) et qui fait normalement partie de Majou. Mais là, au moment de l'assemblage, il m'avait gardé 18 grammes de sucre résiduel suite à un arrêt fermentaire, sans raison apparente car son degré n'était pas supérieur aux autres cuves. Je n'ai pas voulu "relancer" la machine et tout s'est terminé pendant l'élaboration du millésime 2006, grâce à un petit pied de cuve bien gentil, avec malo dans la foulée.  C'est la seule fois que ceci s'est produit en 10 ans.

 

Au début donc (mise peu de temps après), il présentait une finale encore un peu "tendue" et nous avons préféré le "garder sous le coude". Ensuite, une série de sommeliers, et d'amis aussi, sont devenus des inconditionnels de ce vin. Il est certainement le plus "civilisé" de ma production - grâce à son carignan notamment je pense - et plaît également aux amateurs de Chianti ou de Rioja modernes. J'en ai encore quelques centaines de bouteilles, dont une petite "série spéciale" en bouchon Vinolok et avec une étiquette relookée (reconditionnement). Npus avons reconduit cette cuvée en 2011 et la Cuvée Majou 2009 lui ressemble un peu également (plus retenue et distinguée). 

 

Coume Majou dispose d'un petit réservoir d'amis privilégiés qui suivent assidument mon actualité. Je réserve à leur intention un "package" spécial de ce millésime, qui devient collector. Je les en avertirai personnellement. Pour ceux parmi les autres qui souhaitent des renseignements sur cette "action des 10 ans", ils peuvent me laisser un message

 

Je termine par un petit clin d'oeil à Xavier Erken. Cet ancien participant

au cours du soir du CERIA, qui fut aussi directeur financier

du Reader's Digest en Belgique, avait fondé "Le Vin Passion"

où il exerçait le métier de caviste avant de prendre sa retraite définitive. 

Avec simplement la Cuvée du Casot 2005 (largement au-delà des 20 €,

prix public, tout de même, en 2006) et un peu de rosé,

il avait réussi à "lancer" ma production sur la région bruxelloise.

Un très bon souvenir.

 


 

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