ALERTE ORANGE

"Plage" de La Franqui, 28 novembre (Photo C. Civale)
"Plage" de La Franqui, 28 novembre (Photo C. Civale)

 

 

Bon, pour les

"petits gars de la marine"

en Atlantique,

cela n'impressionne guère

 

 

 

 

 

Mais une demi-douzaine de départements de la frange méditerranéenne restent en "alerte orange", jusque demain soir et depuis quelques jours. Bien sûr, la France pratique mieux que tout autre pays de l'UE la politique du parapluie et la déresponsabilisation systématique des citoyens, mais quand même. Météo-France dit - et elle se trompe peu sur le Languedoc-Roussillon depuis 4-5 ans - qu'on pourrait voir des cumuls d'eau allant jusqu'à 300 mm sur certains secteurs. Je pense, à vérifier, que novembre arrose normalement de 50 mm seulement ces zones, en moyenne. 

 

Hier, Christine a poussé jusqu'au bord de "l'étang" à La Franqui. Beaucoup de nos visiteurs occasionnels ont fréquenté ce hameau, où Christine "possède ses bureaux" et où elle tient salon (chic, non ?). Elle m'a ramené une série de jolies photos, montrant les creux (jusque 4 m parfois) sous les embruns, la disparition de la plage, la submersion du banc de sable, l'isolement en mer de l'abri en dur des sauveteurs et la grande quantité de "bois flotté". Mais la température reste très clémente. Le vent marin, de dominance est-sud-est et donc venu d'Espagne, souffle en rafales modérées (80-90 km/h au pire) et les orages sont localisés, mais aussi spectaculaires. Par contre, pas d'odeur d'ozone. Dommage, j'aime beaucoup cela. 

 

Aujourd'hui, le pire va nous tomber dessus en vagues successives. Les passages à gué ont été fermés à la circulation. J'espère que tous mes schistes, assoiffés depuis 10 ans, vont se gorger d'eau. Rien n'est jamais aussi agréable, ni non plus aussi désespéré, qu'il n'y paraît.

 

Ce propos, d'une banalité qui m'afflige, m'obsède depuis quelque temps. Il m'aide grandement à vivre. Le pessimiste que je suis y trouve non pas un réconfort - je m'en suis toujours passé - mais un remède à l'angoisse. Ce sont deux choses différentes. Depuis que ce métier s'est imposé à moi comme une évidence implacable - merci Mme N. Werbrouck - j'évolue dans un état d'esprit que je ne connaissais pas jusqu'alors: la plénitude qu'engendre la satisfaction du quotidien, et l'anxiété sous-jacente de l'incertitude financière. Je n'avais jamais été ce qu'on appelle riche auparavant - cette notion est relative. Mais je n'avais jamais craint l'imminence de la précarité (à tort ?). Et je ne m'étais jamais complètement réalisé dans mon activité journalière non plus. 

 

Aujourd'hui, le vent (au figuré) a tourné. Il persiste quelques contraintes professionnelles (administratives surtout) et parfois ma carcasse souffre dans ses chairs (fatigue musculaire), mais rare est la journée que je ne termine pas comblé. A l'inverse, la peur du courrier, la crainte de l'implacabilité des banques, la lassitude devant le manque de correction de certains débiteurs ne me quitte jamais plus d'un instant.

 

Voilà, ce billet a évolé dans une direction que je n'avais pas prévue, au fil de ma plume - une souris à plumes, curieux, non ? - mais je pense que c'est le temps qui dicte cela. Je vous ai conseillé à plusieurs reprises la lecture des bouquins de Jon Kalman Stefansson, dont l'écriture n'eût pas été pensable sans le climat islandais.

 

Mon "mood" à moi suit sans doute les mêmes voies. 

 

 

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Commentaires : 1
  • #1

    Flo Griffie (dimanche, 22 janvier 2017 14:35)


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