HEP, M'SIEUR MICHELIN, VIENS VOIR !

Sucré-salé plus aigre-doux à vous dévoilé
Sucré-salé plus aigre-doux à vous dévoilé

 

 

 

Ceci,

je ne le fais

presque jamais,

par respect pour

l'inventivité du chef

pour commencer.

 

 

 

 

 

 

En outre, je trouve désolante l'habitude de ces milliers de ploucs, gâte-sauces du lundi soir, qui ne cessent de mettre en ligne les plats qu'ils découvrent, à peine la dernière bouchée avalée. Généralement, ils y ajoutent des commentaires désobligeants ou bien proposent leurs suggestions personnelles pour "améliorer" l'assiette.

 

Mais là, je ne pouvais pas faire autrement. Le repas proposé par le chef des Jardins du Cèdre - moins de 150 € pour trois adultes, boissons comprises, même si on nous a offert l'apéro - mérite vraiment qu'on lui fasse toute la publicité. Vous savez que je ne me prends pas pour un critique gastronomique - non pas par modestie mais simplement car je vaux mieux que cela, aucun penchant pour le "pique-assiettisme" chez moi - et je me bornerai à vous dire que notre plat principal, à tous les trois, consistait en une large portion (blanchie puis saisie à la poêle sans doute, ou alors rôtie au four très chaud) d'une belle grosse dorade de la pêche locale, à la peau croustillante mais ayant conservé tout son moelleux à la chair, accompagnée d'au moins 7 ou 8 légumes différents, cuits chacun à leur tour (mais servis chauds et ensemble, je vous rassure). Elle avait gardé ce goût de MER* du poisson très frais, si éloigné des odeurs de ... poisson qu'on qualifie parfois d'iodé, alors qu'il s'agit en fait de dérivés azotés des protéines qui commencent à partir en quenouille, version ammoniaque et j'en passe. Quant à mon dessert, tant pis pour les diabétologues - cette engeance castratrice mais ô combien salutaire, j'en conviens - il était divin: des olives très mûres, confites mais ayant gardé suffisamment d'amertume, une mousse de pistaches très crémeuse, un biscuit hésitant entre la gênoise et le financier, des petites perles de vinaigre de vin doux, de La Guinelle bien sûr, et un "oeuf" de sorbet reposant sur des pistaches éclatées, sans doute légèrement grillées. En plus, la "palme" de chocolat rappelle les voiles latines des barques catalanes. Enfin, si on veut.

 

Hep, M'sieur Michelin, tu retardes avec tes deux fourchettes. C'est le macaron que mérite à présent le jeune chef des lieux, établi ici depuis plus de deux saisons  - stablité bienvenue et méritée pour Xavier Mahaux - qui affirme sa capacité à proposer des "plats du jour" très savoureux pour les lunchs rapides en semaine, une carte "mer et terre ferme" suffisamment variée dans son offre, et suffisamment réduite pour qu'on soit certain de la fraîcheur de ses approvisionnements, qui joue avec talent au pâtissier en plus. Et le sommelier-maître d'hôtel, du haut de son presque double-mètre, organise son petit monde avec un sourire inextinguible, discrétion et présence en même temps.

 

Si vous ajoutez la "nouvelle formule" de style menu-carte, avec des suppléments modérés et justifiés pour les denrées "de luxe", vous aurez compris que Port-Vendres ne le cède en rien à Collioure pour son attrait gastronomique : au moins une très bonne table de chaque côté de la rade! 

 

 

La raie ou le saumon qui "sentent la sardine grillée", même s'ils sont parfaitement comestibles et satisfont aux exigences des services de l'hygiène, très peu pour moi. Ou alors, six mois de congélateur (moins de -37,2°C, et pas rien que le matin) en ont gommé toutes les saveurs. Pourtant, c'est le plus souvent ce qu'on vous sert sur les terrasses au soleil estival (ou à l'ombre d'ailleurs): l'année d'après, ce n'est de toute façon plus la même direction. 

 

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