UNE AUTRE ETAPE (LA DEUXIEME) DE MON CHEMIN DES CROIX

D'or avec quatre pals de geule (Aragon)
D'or avec quatre pals de geule (Aragon)

 

 

 

 

 

 

Je me suis engagé

à vous faire visiter le département,

en prenant comme point d'appui

une de ses bonnes tables

à chaque foi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après Saillagouse et sa roborrative cuisine cerdane, c'est dans un autre registre que nous allons croquer chez nos voisins montnérois. 

 

Ici, tout sera placé sous le signe du schiste (xisto). Effectivement, tout le massif de Montner, sous Força Réal, doit son nom (Mont Nero) à cette roche, qui par ailleurs accueille l'entièreté des vignes du Domaine de la Coume Majou. J'ai d'ailleurs failli en acheter sur la commune moi-même et mon collaborateur, José, possède un joli carignan à la limite entre le piémont et le coteau. J'ai aidé à le vendanger certaines années.

 

Le village lui-même est mignon, sans attraction spectaculaire mais on y trouve, outre le restaurant du jour, la maison d'habitation des époux Galet (Marjorie et Stéphane ) qui servait également de cave de vinification à leur domaine. L'ensemble a été repris à présent par Tom Lubbe, alors qu'eux-même ont bâti de l'autre côté de la route, sur Latour-de-France, un ensemble dans le plus pur style catalano-égyptien, utilisant pour cela une magnifique pierre du Gard. Il héberge aussi leurs activités équestres. Cela me permet de faire la liaison avec Latour, ravissant hameau de loin, qui perd de son charme une fois qu'on s'y trouve réellement. Mais les deux localités possèdent une curiosité intéressante: des bornes frontières entre la France et l'Aragon, portant les armoiries de cette dernière d'un côté et les Lys de France de l'autre. On m'en a montré plusieurs lors de mon installation mais j'ai à présent du mal à les retrouver. 

 

A Montner, ne manquez pas de visiter le potier et de lever le nez vers les jolies petites (ou grandes) maisons au fil des rues. Je m'y verrais bien, moi. Le schiste est présent sous le blason que je vous montre, de type "Aragon" avec bien entendu Saint-Jacques et sa coquille.

 

Mais Montner, après une visite chez nous, c'est surtout l'occasion d'aller goûter à la cuisine de Pierre-Louis Marin. Avec sa compagne Béatrice, il gère depuis 15 ans maintenant ce que j'aime à appeler une "maison de bouche". Lentement, mais sûrement, il a bâti une forme de restauration à sa main. La carte n'est pas étendue, elle vous offre constamment suffisament de choix pour répondre à vos envies sans devoir imposer des prodiges d'approvisionnement (ou de frigorification). Et les menus sont du même acabit. Tout vient de producteurs locaux, tout est en rapport avec la saison et le fil directeur c'est ... l'envie du chef. C'est aussi lentement que Michelin a fini par lui décerner cette année un macaron amplement mérité, attendu de longue date par ses clients fidèles - et par lui-même aussi, même s'il s'en défend mollement. On voit que cela lui a fait plaisir mais il a eu l'intelligence de ... ne rien changer: la carte a gardé son style, les prix n'ont pas bougé (la maison n'avait d'ailleurs jamais "bradé" auparavant), les présentations n'ont pas cédé à la pyrotechnie et, après une phase de curiosité en début d'année, la foule n'envahit pas le petit village non plus. Tout au plus les marques des voitures garées dans la rue sont-elles un peu plus chics et les modèles plus récents.

 

En période de truffe, c'est une des adresses à fréquenter, absolument (ainsi que Lionel Giraud à Narbonne). Quand vous voyez une barigoule - de n'importe quoi - à la carte, foncez, c'est toujours exquis. En même temps, l'artichaut impose ses saisons, bien sûr. Et le dessert appelé schiste de Montner - et zut pour mon diabétologue - doit vous faire faire une halte aussi. Enfin, il fait appel à un improbable fromager établi de l'autre côté d'Estagel pour son chèvre; mi-Crusoé, mi-Barabas. C'est d'ailleurs presque son nom. Avec Annie Pic - qui a remis je crois - et un compatriote belge de Coustouges, c'est le top. La carte des vins est bien fournie, et je crois savoir que c'est un caviste ami qui lui en conseille une bonne partie. Il n'y a heureusement pas que des marchands de tapis dans cette profession, quoique moi j'aie du mal à dénicher les bons, à titre personnel. 

 

Donc, pour Montner vous retenez les jolis paysages tout autour,

les stèles territoriales, un p'tit coup d'oeil sur Latour et

l'Auberge du Cellier.

 

 

 

Par contre, je vous déconseille absolument le pélerinage vers les vignes arrachées du gros Gégé, et tout ce qui rappelle son passage éphémère et néfaste sur le territoire. Mais là, chacun ses choix. Moi, je n'aime pas trop les voyous.

 

 

 

 

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