LETTRE DIFFICILE A UNE MAMAN

 

 

 

J'ai attendu plus d'un mois

pour écrire ce billet,

par pudeur,

moi qui n'éprouve

que très peu ce sentiment.

 

 

 

 

 

Mes premières rencontres avec Madame Faller - je n'ai jamais dit "Colette" - remontent à la fin des années '80. Je n'ai point eu la chance de rencontrer Théo, son mari.

 

Mes enfants, après s'être balancés sous le portique d'agrès, ont quelquefois mangé des tartines à la confiture avec leurs petits contemporains du clan Faller, ceux de Cathy, dans la cuisine au Domaine Weinbach. 

 

J'ai connu quelques déboires personnels, en même temps que Cathy environ, et c'est à chaque fois une lettre manuscrite de "Madame" Faller, dans cette belle cursive à l'encre noire, qui tentait de me consoler. Pourtant, je ne représentais pas grand chose pour ce géant du vignoble.

 

Bien plus tard, repassant par là en compagnie d'une jeune femme au polo strié d'orange et de vert - je m'en souviens d'autant mieux qu'il me reste des photos - Madame Faller me demandait à voix basse, en confidente: "Alors, vous êtes heureux à présent ?". Et je l'étais.

 

Je n'ai croisé Laurence, la vraie, pas ses cuvées, qu'une seule fois: elle portait un ensemble de cuir marron (pantalon et spencer) et m'avait paru très intimidante ... bien plus jeune que moi pourtant.

 

Il y a quelques années, j'ai eu la chance, et l'émotion intense, de pouvoir offrir quelques bouteilles de mes premiers millésimes à Cathy et à sa mère, les mettant en garde face au caractère robuste de ces vins, très différents des grands crus qu'elles fréquentent d'ordinaire. Je ne sais si cela leur a plu.

 

Et à présent, ce sont des .... condoléances que je dois présenter à Madame Faller d'abord, à sa fille ensuite. Les mots sont stupides. Les proches de la famille les ont dits beaucoup mieux que je ne pourrais le faire. Les célébrités ont laissé une trace de leur passage et sans doute aussi de leur affection.

 

Modestement, humblement, mais j'espère sans tristesse exagérée, je voudrais simplement leur signaler que les étiquettes comme celle qui figure en tête de ce pauvre billet perpétueront la mémoire de leur cadette.

 

Lorsque l'ami Michel Smith, à qui je rends visite dans son joli appartement près de la gare de Perpignan, débouchera une bouteille de ce gewürz - il le fait toujours - nous aurons une pensée de plus pour les dames de Kaysersberg.

 

Avec tout mon attachement, et tout mon respect.

 

 

 

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