O VINHO VELHO DE ALFREDO CALEM HOELZER

Lait (pasteurisé) de 3 Shires et son verre lusitanien
Lait (pasteurisé) de 3 Shires et son verre lusitanien

 

François Constand a quitté l'INAO, hélas pour nous tous, vignerons.

Heureusement pour moi, sa femme et lui n'ont pas quitté notre village.

Ils continuent ainsi à m'apporter des éclairs d'humanité pensante et une sensibilté de gauche, même s'ils se disent socialistes ...

 

 

 

En plus, François m'a apporté hier soir, au débotté, ce joli croissant de Blue Stilton. Comme vous le savez, ce célèbre fromage à pâte persillée anglais ne peut pas être élaboré à Stilton, qui se situe dans le Cambridgeshire, un County qui ne figure pas dans l'aire d'appellation ! Ne rêvons pas, à Cropwell Bishop (Nottinghamshire), un des six villages habilités à cette production, Lactalis possède ses entrées et peut-être ailleurs aussi. Partout où on pasteurise le lait, l'odeur attire ce puissant de l'industrie agro-alimentaire.

 

N'empêche, avec le Shropshire, il forme quand même un chaînon intéressant de la chaîne européenne des pâtes persillées et accompagne si bien les vins rouges mutés.

 

Pour cette occasion, j'ai choisi la dernière bouteille d'un vin qui a failli me coûter le bas de mon pantalon, ou même un petit lambeau de mollet. En effet, je logeais à la Quinta da Foz, hôte de Maria Assunçao Calem (désolé, mais ce logiciel n'accepte pas les accentuations portugaises au départ de mon clavier de base) quelque part pendant les vendanges 1993. Elle m'avait dirigé vers son oncle (?), Alfredo Calem Hoezler, qui produisait cet excellent Vintage 1985 à la Quinta de Val da Figueira. L'endroit, retiré et peu ouvert au commerce à l'époque, était sauvagement gardé par un petit roquet, minuscule mais sautant comme un Jack Russell aux dents bien acérées.

 

A l'ouverture - petit bouchon rikiki bien desséché - le vin était quasiment rosé et présentait un nez très alcooleux. Mais votre serviteur ne s'est pas démonté et une heure de carafe, comme souvent, lui a rendu sa couleur et estompé le côté brûlant. On a vu apparaître ces arômes typiques du Vintage arrivé à maturité : quelque chose qui tire sur l'eucalyptus et la menthe, mais aussi le cuir et le goudron, et puis les bonbons au cassis.

 

Tout y était mais je pense que l'alcool de mutage devait être un tord-boyau, tellement cela "arrache" encore. A l'époque, on se fournissait en aguardente (parfois appelé brandy localement), auprès de la Casa do Douro ou l'Instituto do Vinho do Porto, par grandes quantités à la fois. Et cette eau-de-vie (à 70° le plus souvent) pouvait avoir des côtés assez rapeux.

 

Actuellement, et ce fut un progrès, presque tous les shippers importent leurs propres eaux-de-vie viniques, notamment des Charentes. La famille qui détient le Domaine de Chevalier, la distillerie Bernard, en est un excellent exemple. Je me souviens avoir dégusté des eaux-de-vie de mutage en compagnie de Joao Almeida, qui les choisissait pour le compte de Ramos Pinto. Certaines auraient fait de très convenables "blanches" d'Armagnac ou des fines avant élevage. 

 

Quant au domaine du vieil Alfredo, il est rentré dans le giron d'une banque galicienne, si je ne m'abuse, par le biais d'une société commerciale qui a aussi acquis Calem, Kopke, Barros et Burmester. Je n'en suis pas tout à fait sûr au moment d'écrire ces lignes et un certain Joao, issu de la même famille, est revenu au domaine depuis 2009. Mais je ne sais si c'est comme manager d'une société indépendante ou bien dans le cadre d'une structure plus large.

 

Je pense que cela a son importance car le style des vins produits dans le Douro dépend beaucoup de la volonté de la direction des quintas.

Et les objectifs - appelés alors "mission" - des grands groupes

diffèrent de ceux des shippers à caractère familial.

 

 

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