QUEL ENGIN !

La "bête" à quai (22/04/2014)
La "bête" à quai (22/04/2014)

 

 

 

 

 

 

 

L'histoire

commence

réellement

ici.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a presque 5 mois, à l'occasion de la visite que Dirk van der Niepoort m'a rendue à Corneilla en revenant de Suisse avec son fils Daniel - qui s'installe "provisoirement définitivement" au Portugal à l'âge de 21 ans - l'idée d'une collaboration lui est venue.

 

Ce vinificateur de très grande renommée - alors qu'il est plutôt ingénieur commercial et gestionnaire de formation, mais "bon chien chasse de race" - apprécie mes vins depuis le début mais les trouve, je le sais, un peu trop exubérants, un peu trop "bruts de pomme". Il m'a généreusement offert de mettre en place une cuvée d'assemblage basée sur 5 ou 6 vins différents de mon millésime 2013, de les élever dans du bois usagé choisi par lui, puis de faire la mise à Corneilla et de voir comment distribuer le résultat au-delà de ma clientèle habituelle. Consilio manuque, il me prodigue ses conseils, m'a choisi le récipient qui convient à son dessein et me l'a envoyé par la route. Plus élégamment encore, il intervient dans la logistique et dans les sinews of war de cette entreprise. 

 

Moi, je fournis le vin - nous avons défini  l'assemblage  ensemble -, assure le suivi quotidien et ferai faire la mise, sans doute par Didier Vaquer (AMB à Rivesaltes), le sympathique spécialiste qui a réalisé toutes les miennes à façon à ce jour et travaille avec/pour quasiment tous les bons producteurs du département. Ce projet m'excite énormément, au-delà encore de la chance qui m'est ainsi offerte.

 

Oui mais voilà, je n'ai aucune expérience en la matière. La première étape burlesque fut l'arrivée de la "vaisselle vinaire". Jusqu'à la dernière minute, il avait été question d'un Fuder de construction allemande utilisé à Porto depuis des décennies. Nous ne souhaitons pas, ni lui ni moi, "marquer" le vin par du boisé, mais seulement assouplir encore les tannins et donner un "Niepoort's touch". C'est indéfinissable mais les amateurs de Battuta ou de Charme savent ce que je veux dire. 

 

Et bien non, ce qui m'a été livré - avec beaucoup de bonhommie et par un chauffeur très sympathique - est en fait une énorme "pipe" à la portugaise, d'une contenance de 1.000 litres paraît-il et pesant 250 kg à vide. Je ne sais toujours pas comment je vais en réaliser la manutention, aucun matériel de levage n'entrant dans ma cave exiguë. 

 

Ce tonneau, qui fait environ une fois et demi un demi-muid donc, doit se loger à plat et non debout, comme il avait initialement été prévu. J'ai donc démoli une des cloisons en parpaings de ma niche et je réquisitionnerai quatre solides gaillards pour basculer "l'engin" sur un lit de palettes recouvertes d'un matelas. Bien sûr, il a quitté l'atmosphère constante des "armazens" de Vila Nova depuis un mois - durée du transport, de plateforme de groupage en plateforme de groupage - et mérite un petit coup de nettoyeur haute pression pour éclaircir l'aspect extérieur un peu défraîchi et les points de rouille sur les cercles de métal. Une fois le bouchon de bonde enlevé, aucune trace d'acétate mais un je ne sais quoi de légèrement rancio. Je me demande s'il n'a pas contenu, au cours de sa vie, du vin de Porto. A la lampe de poche, on aperçoit par la bonde une fine couche de tartre sur les douelles. Très bien, il n'a pas été gratté. Je préfère ainsi.

 

Je me retrouve dans la situation du jeune stagiaire en néphrologie de mes 25 ans: j'écoute, j'observe, je pompe tout ce qu'on veut bien m'apprendre et ... je me régale. Tout cela, je le fais plutôt bien mais attention, je garde tout mon esprit critique et ne ferai, in fine, que comme bon me semble. 

 

Pour mes vins doux naturels, Rivesaltes ou Maury, c'est quand même Dirk qui m'avait amicalement montré l'essentiel de ce que je sais durant les années '90, et un peu aussi l'adorable João Nicolau de Almeida, de la maison Ramos Pinto, maintenant passée dans le giron du groupe Roederer. Ensuite, les avis de feu mon confrère André Parcé m'ont été très utiles. Et le résultat en est plus que correct.

 

Je ne crois pas trop à l'enseignement ex cathedra ni livresque, mais je suis un adepte des "maîtres" et pense que l'apprentissage sur le terrain est la méthode la plus efficace pour acquérir un savoir et du savoir-faire. Pour les bases, c'est l'étude personnelle qui doit en constituer le fondement.

 

Bon, dès que le Kärcher aura fait son travail,

je vous montrerai d'autres photos.

 

 

 

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Commentaires : 2
  • #1

    Lalau (mardi, 22 avril 2014 19:19)

    Joli bébé. J'ai hâte de goûter le résultat!

  • #2

    Michel Smith (mercredi, 23 avril 2014 05:51)

    Bravo Léon ! Mais gare au Kärcher !