BIEN SAGE, IL S’EST MIS EN VIDANGE

A Table
A Table

 

L’histoire n’est pas banale.

Elle va illustrer mon

esprit d’escalier

(lateral thinking)

mais aussi

rendre hommage à

toute une série de poncifs.

 

 

 

 

 

Les Belges se moquent sans cesse des Hollandais : nous les jugeons matérialistes et radins. Eux nous méprisent en pensant que nous sommes des rustres fainéants. Si on ajoute le cliché de l’Allemand buveur et brutal, on a fait le tour du « Goth » traditionnel. Rien n’est plus stupide, mais en même temps, tout ceci contient une minuscule part de vérité.

Essayez de voir avec moi pourquoi je suis un internationaliste, n’aime pas les drapeaux et ne chante pas les hymnes, sauf parfois le « Fernande » de Brassens.

 

En juillet, André Domine, et plus encore sa compagne Mechteld qui fait partie de l’équipe municipale du joli village de Trilla (et non "Trouilla" comme je l'avais indiqué et qui n'existe pas) perdu au coeur du Fenouillèdes, organisent la « Fête des Vieux Cépages ». Nous y montrons notre nez, et accessoirement nos macabeus et carignans.

 

Et nos nez ont rencontré ceux de Clementine et de Gudrun. Clementine – Cervellon de son patronyme mais rien d’une écervelée – est une Hollandaise devenue Canétoise et passionnée de cuisine, entre autres, tandis que Gudrun, comme son prénom l’indique, est une Thaï d’ascendance norvégienne vivant à Perpi. Le trio belgo-batavo-germanique est ainsi reconstitué, et devient un quattuor fascinant dès qu’on y ajoute la Civale, aux racines campaniennes et languedociennes. Moi, mon truc, ce sont les sociétés polyculturelles : on s’y ennuie beaucoup moins. Je soutiens à fond le « métissage pour tous ».

 

Jusque là, vous me suivez.

Or, Clementine a des accointances avec le « cercle néerlandais », un groupe de Hollandais/es se réunissant pour des excursions communes, mais aussi avec une autre association « Images et Vins d’Ange » à l’histoire très compliquée (d’où mon titre). To cut a long story short : une quinzaine de ces membres voulaient venir déguster nos vins. Pour cela, no problemo, mais ils souhaitaient aussi faire la cargolade. Mon casot des Quatre Chemins, endroit magnifique, ne peut accueillir tant de monde dans de bonnes conditions, la charretière qui y conduit exige un véhicule tout-terrain et ... Christine est allergique au dernier degré à ce gastéropode, alors qu’elle le trouve très savoureux.

 

J’ai donc suggéré - à quelque chose malheur est bon * – de voir si la nouvelle enseigne corneillanaise ne pourrait pas nous recevoir. Il s’agit de Le P’tit Lord qui fera l’objet d’un blog très bientôt. En bref, un des deux cafés du village, où j’ai vu passer trois gérants en 8 années, dispose de 4 chambres et d’une salle de restauration accueillante, avec une cuisine permettant de travailler. A présent, il dispose également de Stéphane Lord, assisté de sa compagne quand c’est nécessaire. Donc, on peut y manger depuis 4 mois environ. Mais je vous en dirai plus une autre fois, cela risque de rendre mon récit encore plus confus.

 

* : Vu le temps qu’il fait chez nous, l’expression anglaise rendrait encore mieux la

     situation. Vous savez : every cloud has a silver lining ...

 

Après un exposé brillant, passionnant et à couper le souffle sur l’origine du Domaine de la Coume Majou, donné par le propriétaire historique de cette institution lui-même, nous avons dégusté les trois couleurs. J’en vois un qui ne suit pas : non, pas le bleu-blanc-rouge. Ensuite, c’est la vallée de l’Agly qui fut mise à l’honneur (Cuvée l’Eglise et Cuvée Majou).

 

A table – donc chez Stéphane, vous m’avez compris – c’est la Cuvée Miquelet 2005 qui a accompagné le mesclun rehaussé de magret fumé parfumé de fruits frais et assaisonné de balsamique, sur un lit de céléri. Moi, je tenais le crachoir au propre comme au figuré et c’est Christine qui a joué à Brillat-Savarin. Ensuite, une préparation très savante associant un rôti de veau et ses légumes de saison à du riz cuit « sec » et à l’ail, jus de cuisson présenté à part, s’est vue confiée aux mains expertes et veloutées de ... la Cuvée du Casot 2006. Ben oui da, je les traite bien, mes petits clients.

 

Ensuite, fastoche, la salade de garriguettes sur un émietté de croquant façon speculoos avec sa grosse nébuleuse de Chantilly fut abandonnée à la caresse lassive, sensuelle et même un rien émoustillante du Rivesaltes Grenat 2011, une vraie allumeuse.

 

Verdict de nos visiteurs : - « Très bien, ce petit jeune ».

Flatté, je pensais qu’on se méprenait sur mon acte de naissance

mais non, il s’agissait du restaurateur.

 

 

 

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Commentaires: 2
  • #1

    Clementine (samedi, 25 mai 2013 19:28)

    J'admire ton éloquence ! (On se tutoyait, non ?)
    Pour alimenter mon blog avec des recettes et des photos je me débrouille, mais pour broder un texte qui ressemble à quelque chose je reste longtemps muette devant la feuille blanche : j'écris, j'efface et je finis par pondre quelque chose qui ne me convient jamais entièrement. En un temps record tu as rédigé (et ce n'est qu'un début si j'ai bien compris) un article pétillant comme le Champagne sur notre belle journée dégustation et gastronomique. Bravo au Belge ! Comme quoi qu'on est tombé sur le seul Belge qui ne soit ni rustre ni fainéant ! Oui oui, il en existe un et je l'ai rencontré aujourd'hui.
    Merci pour cette journée réussie et je crois pouvoir associer tous les participants à mes remerciements. Je me permets de transmettre ton article à Marie-Jo, la secrétaire de l'Association, que se chargera de le diffuser à tous les participants.

    Si tout va bien j'aimerais organiser une journée identique cet été pour mon Association Cercle Néerlandais Catalunya.

    A bientôt.

    Clementine

  • #2

    Gudrun Eussner (samedi, 25 mai 2013 21:46)

    Bonsoir Luc, le Belge, bonsoir la Civale, aux racines campaniennes et languedociennes, et merci pour votre l'accueil souriant.
    Gudrun, la Thaï d’ascendance norvégienne