PHILOSOPHIE GENERALE ET APPROCHE DU TRAVAIL

Sur beaucoup des sites de mes copains vignerons

– et aussi sur certains sites de vignerons qui ne sont pas forcément mes copains ! – on trouve une page concernant leur « philosophie ». Bientôt BHL va se faire vigneron et Melle A. Dombasle aura de la bouillie sur les mains.

 

Longtemps, cela m’a paru bizarre. Non pas parce que je ne crois pas un vigneron capable de s’intéresser à la philosophie, mais bien car je trouve le mot pompeux, enflé et, pour tout dire inapproprié. En outre, en ce qui me concerne, l’approche – ça, c’est le mot que j’aime – de la vigne, du vin et aussi de son commerce sont en perpétuelle évolution ; sans doute car je suis moi-même en phase d’apprentissage. Et à mon âge, on assimile lentement et on devient lent à changer d’avis.

 

Je vais donc quand même vous livrer les quelques clefs de notre APPROCHE.

 

 

1. ANGLE DE VUE

Tout d’abord, je garde comme point de départ celui d’un amateur de vin, qui a passé 50 ans à en boire pour le plaisir, et 25 ans à en déguster – beaucoup, parfois plusieurs centaines par semaine – pour se faire une « bibliothèque des saveurs » dans la tête, sorte de guide de référence.

 

 

Mon souhait sera toujours de découvrir, puis de boire, quelque chose de savoureux d’une part, qui me plaise d’autre part.

Quand j’élabore un vin, c’est la même règle qui prévaut : faire un vin qui me plaît et m’assurer qu’il est aussi savoureux que possible.

 

Jamais la démarche ne sera la suivante : utiliser « pour faire quelque chose » les raisins qui s’offrent à moi et jamais élaborer un vin « pour plaire à un goût X » qui ne serait pas le mien.

 

Je sais que certains critiqueront cette attitude comme étant celle d’un « enfant gâté ». Généralement, mes détracteurs seront ceux qui ont hérité de papa-maman un vignoble « clés en main » et tentent de faire avec, pour pouvoir utiliser à bonnes fins commerciales toute la vendange qui leur échoit. Je ne réprouve nullement cette attitude, quant à moi, mais ce n’est pas celle que j’ai choisie.

 

Et cela ne veut absolument pas dire que je ne reste pas à l’écoute des avis : je dégaze plus mes vins actuellement qu’en 2006, pour répondre aux remarques de ceux qui sont gênés par un excès de gaz carbonique captif, même si j’estime, moi, que cela préserve la fraîcheur.

De même, nous sommes récemment passés au bouchage en verre (Vinolok) sur certaines cuvées, pour répondre aux rares remarques de ceux qui trouvent la capsule inesthétique.