VIGNOBLE DU DOMAINE, PARTIE ESTAGELLOISE

PARCELLES SITUÉES À LA COUME MAJOU

Carignan datant de 1922
Carignan datant de 1922

 

La vigne de Alt de Coume Majou

 

Berceau du domaine, elle lui a donné son nom et a vu le chenillard se retourner sur votre serviteur, qui a dépensé ce jour-là 99 % du capital-chance que le destin lui a attribué.

 

 

Il s’agit d’un bout de combe, faisant la limite entre le finage d’Estagel et le début de Calce, au-dessus de la crête.

 

J’y possède un gros hectare de syrah, plantée en 2002 et reprise à zéro par mes soins en 2005, avec établissement d’un cordon de Royat.

 

J’y possède aussi une vieille vigne de grenache (1963) que j’hésite à arracher. D’une part, elle ne me donne que rarement du raisin, car ce sont les sangliers qui en profitent. Mais, si elle disparaît, ne vont-ils pas se ruer sur les deux autres cépages qu’ils dédaignent pour l’instant (moins sucrés au même moment )?

 

Mais surtout, c’est là que se trouve la Loute, un carignan (1922) qui donne chaque année depuis 2006 une quantité certes faible et surtout variable de raisin – toujours inférieure à 1300 kg par ha – mais des jus de qualité impressionnante.

 

Ici, le soleil commence à faire son apparition à la partie éloignée de la vigne, du côté de Calce, assez tard car il doit d'abord s’élever au-dessus de la colline, puis il la parcourt sur toute sa longueur pour la caresser très longtemps l’après-midi. Les environs immédiats des parcelles sont recouverts d’éboulis calcaires, mais le sol du vignoble lui-même, sur une cinquantaine ou une centaine de centimètres au moins, est constitué d’un schiste très foncé. Celui-ci est métamorphique pour la syrah, encore très grossier avec des blocs et des feuilletages pour les deux autres variétés.

La couche d’humus est .... insignifiante.

 

Ci-dessous à gauche: parcelle de syrah reprise en mains en 2005

Ci-dessous à droite : vieux grenache qui tantôt me donne le vin doux, tantôt nourrit

                               les sangliers

 

 

PARCELLE SITUÉE AU REC D’EN CRUELS

Dangereux mais efficace et maniable
Dangereux mais efficace et maniable

 

La vigne de carignan du Rec d’en Cruels

 

Ce fond de combe, la voisine de la Coume Majou, est surtout visité par quelques chasseurs, des ramasseurs d’asperge sauvage en mars-avril et ... moi.

 

 

Un groupe de sangliers y établit régulièrement sa tannière et me cause beaucoup de dégâts.

 

J’y ai un peu moins d’un hectare de carignan, planté en 1950, en deux parties distinctes.

Une petite parcelle sur l’avant, très ensoleillée l’après midi et qui mûrit donc fort bien, et une autre, plus allongée, qui reste longtemps à l’ombre. La première moitié rentre souvent dans la composition de notre cuvée La Loute.

 

Il s’agit d’un schiste très brun, avec de nombreuses « feuilles », tout à fait semblable à la roche du vignoble de Porto après Régua (Cima Corgo) en remontant le fleuve. C’est une zone où la pression d’oïdium est importante, mais je n’y ai pas de voisin et tout dépend donc de mon application à bien faire.

 

 

 

PARCELLE SITUÉE AU REC D’EN FOURTOU

Cool ... ou presque
Cool ... ou presque

La vigne de carignan du Rec d’en Fourtou

 

Curieuse vignette que celle-ci. Cise entre 4 murs d’arbres et autant de ravins, ou presque, elle abrite du vent un carignan planté en 1977 dont le rendement est capricieux, entre généreux (c’est à dire 18 hl/ha chez moi) et tristounet.

 

Ell est très agréable à travailler mais son accès est difficile : un pont en grosses buses de béton (genre égoût) la reliait à la charretière, mais la dernière crue, bien avant mon arrivée, l’a rendu inutilisable. Il faut faire un large détour par en haut, et traverser une propriété privée.

 

Il s’agit ici aussi d’un schiste foncé, plus friable et en pente pas si douce que cela.

 

 

PARCELLE SITUÉE AU SOMMET DU ROC BLANC

Sol pauvre
Sol pauvre

 

Un hectare de carignan et un hectare de grenache

 

Je suis menacé d’un parc éolien sur ce site, où je reste le seul exploitant.

Il s’agit en fait d’un « vacant communal », c’est à dire que la commune d’Estagel est propriétaire du sol, et moi du matériel végétal, contre un loyer annuel.

 

Le sol, un schiste (marnes schisto- argilo-limoneuses dit l’analyse que j’y ai fait effectuer, à 10 cm et à 40 cm de profondeur) brun comme dans le Douro également, très pauvre, a reçu chaque année sa dose d’engrais organique depuis que je l’ai repris. On a labouré et relabouré, rendant à peu près horizontale chaque rangée et tentant de faire éclater les plus gros blocs de rocher.

 

Mes anciens voisins, dont la jeune oenologue qui a créé le Domaine Arcadie à Tautavel, ont préféré renoncer, tant le rendement est réduit : souvent moins d’une tonne de raisin par hectare, du fait du manque d’eau principalement. Mais la qualité est splendide, et les vins présentent un caractère fumé, goudronné, terpénique très différent de mes grenaches sur Saint-Paul-de-Fenouillet. Il faut avoir la patience (la folie ?) d’attendre la pleine maturité des peaux, car le degré est là dès le 10 septembre environ.

 

La situation, sous le soleil exactement, dans un quartier pas loin du col de la Dona, au nord de Força Real, assure une maturité exceptionnelle.