LA CUVÉE MAJOU : NOTRE COEUR DE GAMME

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La Cuvée Majou constitue l’essentiel de ma production : c’est mon coeur de gamme et elle représente le

Côtes-du-Roussillon Villages que j’avais envie de produire en venant m’installer ici, une espèce de Châteauneuf, en plus fin et plus élégant.

 

 

 

Elle fait appel à trois parcelles de grenache différentes, situées sur les schistes d’Estagel et de Saint-Paul-de-Fenouillet. On ne les désherbe pas et le tracteur passe là où il peut ... Je m’efforce de nettoyer le reste à la débroussailleuse, avec un résultat variable.

Clots d'en Couloms (St Paul)
Clots d'en Couloms (St Paul)

 

On reconnaît (en haut à gauche) la vigne du Roc Blanc, près du Col de la Dona;

le vieux grenache (1963) de la Coume Majou (en haut à droite) 

et la belle parcelle sur l'appellation Maury (en bas).

 

 

J’y ajoute des vieux carignans en provenance d’Estagel, souvent la partie la moins précoce du Rec d’en Cruels (plantée en 1950) et presque constamment la très belle vigne au Rec d’en Fortou (1977). Enfin, tant que l’appellation l’exigeait – le décret d’AOC a changé sur la présence de 3 cépages au moins à partir du millésime 2009 – j’y incluais la syrah de Alt de Coume Majou. Vous voyez les carignans ci-dessous (à gauche et à droite) et la syrah en bas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Cuvée Majou est un vin construit. Je le veux de couleur soutenue, au nez complexe et représentatif de la vallée de l’Agly : du fruit rouge et noir (cerise, cassis, prune, framboise parfois), des herbes de la garrigue (farigoule et romarin), du goudron et une note de fumé.

En bouche, il sera puissant mais pas rude, à l’attaque toujours vive, même au bout de 10 années de garde. Sa finale, tannique, offre toutefois un bon velouté.

 

Je le destine aux plats de viande savoureux, les pièces de boeuf grillées ou en ragoût et bien entendu toutes les viandes mijotées (cassoulet, carbonades à la flamande, daube, boeuf bourguignon ou boeuf-carottes, navarin d’agneau, blanquette ....).

 

Il accompagne avec bonheur les fromages pâte dure (Comté et autres types de « gruyères », Gouda, Mimolette, Appenzeller) ou mi-molle (Port Salut, Morbier ...) et les vaches « assez faits » (Camembert, Brie, Livarot ....). Par contre – mais cela vaut pour presque tous les vins rouges tanniques – le chèvre ou la brebis typés ne le mettent pas à l’aise.

 

 

 

 

 

Le millésime 2005 de la Cuvée Majou, mon premier, est un vin à forte dominante de grenache très mûr, provenant principalement du Roc Blanc à Estagel. En effet, la vigne du Clots d’en Couloms a été mise en bouteille à part, générant la Cuvée Miquelet sur ce millésime. On a vendangé très tard (dernière semaine de septembre), obtenant des tannins très mûrs et avec le côté fumé et sauvage du quartier du Col de la Dona.

Il représente une version « rurale » de ma production, que j’ai reconduite – en plus marqué encore – avec la Cuvée du Roc Blanc 2011.

 

Après sept années de bouteille (capsule à vis), il s’est développé harmonieusement. Il nous en reste quelques dizaines de cols .... ceux que ma mère n’a pas encore bus. C’est son millésime préféré.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le millésime 2006, vendangé un peu plus précocement, fut d’emblée plus souple. Il renferme, comme tous les suivants, les grenaches des trois sites : Roc Blanc et Coume Majou à Estagel et la vigne du Clots d’en Couloms sur Maury. On a vendangé durant la deuxième quinzaine de septembre. Ses carignans, enfin domestiqués après les tâtonnements de 2005, et sa syrah sont estagellois.

 

 

 

 

C’est sans doute la version la plus policée de cette cuvée. Elle a été fort appréciée par Andreas Larsson, Meilleur Sommelier du Monde en 2007. Christine la propose pour l’instant dans les restaurants haut de gamme et nous nous flattons de figurer dans le livre de cave du seul trois étoiles du Languedoc, l’Auberge du Vieux Puits de M. Gilles Goujon à Fontjoncouse près de Narbonne (Aude).

 

Ce vin est à boire pour l’instant, avec une jolie longueur.

Ce millésime est disponible chez mon ami Jean-François à Bruxelles,

maison Basin & Marot.

 

    

Petite anecdote : au moment de la mise en bouteilles de cette cuvée, qui a toujours lieu en une seule fois chez nous pour assurer l’homogénéité de la production, nous nous sommes servis pour la première fois de ma cuve N° 9, qui avait été rénovée l’an d’avant. Or, sa contenance était un peu supérieure à ce que je pensais et .... nous avons manqué de bouteilles vertes, de capsules rouges et de cartons à la fin ! Vous trouverez donc des cartons contenant des flacons en verre transparent – qui nous servent d’échantillons et pour notre consommation personnelle – et des bouteilles présentant soit une capsule rouge avec mon logo (la majorité), soit des capsules noires à logo, soit enfin les capsules dorées qui nous restaient de l’année 2005. Nous ne les avons pas mélangées, rassurez-vous, et le vin est évidemment absolument identique.

 

 

 

 

 

Le millésime 2007 me tient particulièrement à coeur. De composition similaire au précédent, il offre à la fois la présence méridionale du 2005 et la finesse du 2006. Le néo-vigneron que j’étais commençait à trouver ses marques. En outre, après trois années de soins attentifs, les carignans ont vraiment exprimé tout leur potentiel, en réponse aux grenaches du domaine, brillants depuis le début.

 

Il se boit splendidement bien pour l’instant, alliant un fruité explosif au côté solaire et termine sur une belle trame tannique. Je pense néanmoins qu’il faudrait encore l’attendre un peu et il surprendra les amateurs inconditionnels de clarets « à la bordelaise ». Il n’est pas réellement vinifié pour eux.

 

Bizarrement, le Guide Hachette a sélectionné 6 de mes vins en 7 présentations, sur 5 millésimes (de 2005 à 2009), mais aucune de mes cuvées de 2007 n'a été retenue dans cette belle série. Moi, je l'affectionne particulièrement, ce millésime-là.

 

Le point sur ce vin (actualisé le 23 mai 2013) vous est présenté ICI.

 

 

 

Le millésime 2008 s'est vu décerner une étoile dans le Guide Hachette 2012. Cela ne le rend pas meilleur mais il me plaît que ma cuvée principale soit enfin récompensée (après 3 autres distinctions sur les années précédentes).

 

Tout s’est déroulé à merveille ... sauf le rendement : 128 hl seulement pour toute l’exploitation, qui totalise environ 10 ha en production. La concentration était donc au rendez-vous et il ne fallait pas vinifier « comme une brute ».

 

Ce vin a été harmonieux d’emblée, montrant toutefois de fortes variations d’un jour à l’autre à la dégustation. L’hiver de 2008 à 2009 a été très clément et il n’a jamais fait froid dans la cave. Nous n’avons donc pas eu la précipitation du tarte dans les cuves qu’on observe d’ordinaire et certaines bouteilles présentent un dépôt. C’est un phénomène naturel, qui ne modifie pas le goût du vin et ne doit pas vous inquiéter.

 

On le propose chez "Au Chai" à Castillon (Hainaut).

 

Faites vite, il n’y en a eu que peu, sécheresse oblige, et seules subsistent 2.000 bt !

 

 

 

 

 

 

 

Le millésime 2009 inaugure les macérations pré-fermentaires à froid chez nous. Cette technique consiste à laisser macérer la vendange dans la cuve, en la refroidissant (14°C), pour que la fermentation ne démarre pas trop vite. Une période « d’infusion à froid» en phase aqueuse permet d’extraire les caractères aromatiques les plus fruités, nobles, qui me plaisent tant.

 

Le 2009 est en tout point semblable au 2008, avec un surcroît de fraîcheur et de suavité. Toutefois, ses tannins ont besoin d’un peu plus de temps. Le rendement a encore été inférieur – comme sur toutes les exploitations.

 

J’ai pris le pari commercial de consacrer la quasi-totalité du meilleur de la cave (sauf la « Cuvée du Casot ») à cette cuvée. Nous n’avons pas élaboré de cuvée Eglise, ni de Loute. Ce fut une décision guidée par le destin car la grêle du 16 juin 2010 a ravagé mes parcelles maurynates et il n’a pas été possible d’assembler de Cuvée Majou en 2010. Nous devrons donc faire l’impasse sur ce millésime.

 

Je le mets tout doucettement à la vente, et le déguste régulièrement ... souvent avec des amis. Le collègue du Château Mansenoble (Corbières, Montagne d’Alaric) – ancien assureur de la région d’Oudenaarde – Guido Jansegers et le « Bekende Vlaming » Herwig Van Hove, journaliste spécialisé, pensent que c’était mon meilleur vin. Mais ils n’ont pas encore dégusté les deux millésimes plus récents, qui sont encore en cuve.

 

Le Guide Hachette 2013 a retenu ce 2009 (deuxième millésime consécutif pour la Cuvée Majou, donc) dans sa sélection.

 

 

Comme exposé, la grêle m'a empêché de produire cette cuvée en 2010 et la coulure sur les grenaches de 2013 également. Le 2011 et le 2012 seront mis en bouteille en même temps, avant les vendanges prochaines - car je dois libérer des cuves. Nous opterons également pour les bouchons en verre.