"CRUELS" DE COUME MAJOU

UN "DEU MIL WIT"

One shot
One shot

 

 

 

Début octobre 2008, la vendange touche à sa fin. On va rentrer le raisin blanc du lieu-dit « Rec d’en Cruels », en surmaturité, pour élaborer le premier Rivesaltes ambré du domaine. D’ordinaire, ce macabeu planté en 1950 termine sa course dans l’assemblage du rosé. En 2010, 2011 et 2013, il sert aussi de base au vin blanc sec du domaine.

 

Et bien non : arrivé sur place deux jours après l’avoir goûté et l'avoir trouvé succulent, je me rends compte qu’il n’en reste presque plus. Les sangliers, et sans doute un ou deux chevreuils, sont passés par là.

 

La mort dans l’âme, c’est Christine et moi, tous seuls, qui vendangeons un bon gros 200 kg de raisin. Nous nous asseyons alors face à face à la cave, et égrappons le tout ... à la main.

 

J’ai ensuite encuvé ce blanc comme un rouge, avec ses peaux et l’ai laissé fermenter 5 jours.

 

Ensuite, sa couleur commençant à foncer (il renferme aussi un tout petit peu de grenache gris), j’ai écoulé le jus, pressuré le marc et réincorporé ce moût qui a alors fermenté, fermenté, fermenté jusqu’à ne plus contenir que 45-50 gr de sucre résiduel, son statut final.

 

 

 

 

Comme je n’ai pas revendiqué d’avance la « vendange tardive », et pour cause, et qu’il n’existe pas d’appellation en vin moelleux non muté dans la région, mon petit Cruels devient vin de table, non millésimable à cette époque.

 

Il s’agit en fait d’une espèce de Trockenbeerenauslese de macabeu, à la robe légèrement orangée et au nez d’agrumes très mûrs et de mirabelle. Le soutien alcoolique, très « costaud » au début, tend à s’estomper maintenant que les années passent. Bizarrement, la sucrosité ne se ressent pas trop.

 

Nous ne proposons d’ordinaire pas ce vin à la vente (300 bt de 50 cl seulement) mais acceptons d’en céder quelques flacons aux amateurs intéressés. Sinon, il fait un apéritif fort intéressant et nous sert de cadeau amical, sa rareté le rendant précieux.

 

 

 

La photo de gauche a été prise par Virginie le jour de son anniversaire

en janvier 2009, dans le défunt restaurant étoilé où officiait

mon ami Daniel Marcil en tant que sommelier.

Notre graphiste l’a cruellisée à ma demande

pour fournir l’étiquette de ce Deu Mil Wit.