lun.

27

juil.

2015

CHRISTINE & JOSE: THE NEW KIDS AT THE POOL 

Christine et Christine, José et le "pata negra"
Christine et Christine, José et le "pata negra"

 

 

 

Christine Isidro 

et son mari, José,

ont cessé leurs activités cerdanes

du Luvintia.

 

 

 

 

 

 


 

Malgré les talents de cette chef autodidacte et l'appoint de son mari, commis de salle à ses moments "perdus" et représentant en vins le reste du temps, il était devenu difficile de faire "bouillir la marmite", là-haut. Les hauts cantons éprouvent du mal à faire le plein depuis quelques années.


Au moment d'acter la fin de l'affaire et de mettre un terme à leurs carrières de restaurateurs, on leur a proposé de reprendre une "vieille gloire" de la plaine d'en-bas. Christine - la mienne - m'a expliqué que "le Malibu" était jadis une véritable institution de la vie roussillonaise.

 

Cet ensemble pavillonnaire compte trois grandes piscines, un restaurant aux larges dimensions, des snacks, un hôtel, des bungalows, des équipement sportifs .... le tout dans une enceinte hautement sécurisée. Des propriétaires - aisés - de toute nationalité occupaient alors les lieux, qu'ils partageaient avec des sportifs de haut niveau, venus s'oxygéner à la piscine olympique toute proche. L'établissement, très sélect, était fermé au grand public mais "la haute" de Perpignan y avait accès.

 

Pourtant, sic transit gloria mundi, le tout a fermé ses portes l'an passé, envoyant au chômage un nombreux personnel.

 

Un repreneur a changé le concept cette année et les grilles se sont entrouvertes au public à présent. Toutefois, un veilleur manie le pont-levis une fois la nuit tombée. Je ne l'avais pas remarqué au moment de quitter les lieux, installé qu'il était dans la pénombre de sa conciergerie informatisée, et j'empêchais de l'épaule le portail automatique de se refermer. Ce malabar est venu dare-dare pour me "checker" et, en constatant que j'avais la peau claire, le langage d'un bachelier et une tenue correcte, il m'a aimablement ouvert la porte vers la liberté en ajoutant que, tant que je ne crierais pas "Allahou Akbar", il ne m'arriverait rien de grave! Les prolos de droite ont de l'humour, à présent. En même temps, les employés des compagnies de surveillance sont rarement des humanitaires tendance gandho-marxiste. Ce n'est pas dans l'ahimsa qu'il espèrent accumuler de bons karmas.

 

Vous vous en doutez, Christine et votre Léon ont voulu aller voir le nouvel instrument de travail de l'autre Christine, de José et ... de Luc. En effet, un de leur fils a rejoint l'équipe, ainsi qu'un second de cuisine attitré. On a également embauché du personnel de salle, sous la direction de José. Le tout s'appelle à présent "Le Village"

(voir leur page FB) et consiste en deux grandes salles climatisées, une jolie terrasse couverte au bord de la piscine faisant face au pavillon dorique, un bar de grande taille à la façon d'un pub et, surtout, une cuisine jumbo très bien équipée. Si Gilles Goujon se languit à Fontjoncouse, il peut venir faire un stage à Canet-en-Roussillon.

 

La carte a repris quelques-uns des "must" mis à l'honneur à

Bourg-Madame - dont le "mille-feuilles de Christine", évidemment - mais s'est considérablement épurée. Dame, le public n'est pas le même, surtout en été. Par contre, chose rare sur le littoral, José va aux approvisionnements dans le petit commerce. Il  a déjà son fournisseur de tomates, son maraîcher, ses producteurs pour la viande et son "petit métier" pour la marée. Plutôt que faire "Dodo, Métro, Pernod", il passe sa matinée à faire les courses. En tout cas, il est arrivé à nous le faire croire, aux DEUX Christine et à moi! 

 

La carte des  vins est simple et aux prix doux (sorti de quelques premiers crus classés du Médoc et des Graves pour les dîneurs VIP). Je suppose qu'elle s'étoffera avec le temps (José est un fin connaisseur). Notez que vous ne nous y trouverez pas. Je lis la déception sur votre visage, mais ni eux ni nous ne pouvons tout faire en même temps.

 

Nous avons jeté notre dévolu, et ensuite nos couteaux, sur une suggestion du jour: la daurade royale, cuite au four à bois, chargé chaque jour de charbon: "Josper, youp-la-boum ... ". Le résultat fut conforme et non-conforme à la fois. Je m'explique: le poisson (800 gr la bête), sauvage bien sûr, avait gardé un moelleux idéal, alors que la chair était cuite à la perfection et la peau, écaillée, presque craquante, se radoucissait sous mon trait de jus de citron. On sait que la Toque Blanche Isidro possède son sujet. Par contre, là-haut, c'était résolument "gastro" et Christine aurait rajouté du ... complément à son sujet. Nous avons eu droit ici à des frites - très correctes pour une réalisation ne sortant pas de la friteuse d'un Belge! - et à une ratatouille savoureuse. 

 

Vous m'avez compris: la carte d'été a choisi de réaliser avec de très bons produits (frais) une cuisine de vacances, saine et sans chichi. C'est certainement la bonne option. Une fois les estivants partis, je suis certain que le tam-tam aura fonctionné et que la clientèle locale

prendra leur place: il sera temps de revenir aux carpaccios originaux, aux tartares osés, aux samosas exotiques, aux variations sur la cuisine ibérique qu'affectionnait ce couple hispano-lusitanien. 

 

J'avais oublié de vous le signaler, chez les Isidro, c'est l'amicale luso-espagnole au sein du foyer, un peu comme si un Belge épousait une Hollandaise. Parfois, ça marche.

 

Christine et José, nous vous souhaitons plein de succès dans votre nouveau challenge: vous avez le savoir-faire, la volonté, l'endroit et l'outil qu'il faut. Il suffit maintenant que la clientèle suive. 

 

Nous ferons tout notre possible pour le faire savoir.

 



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