LA GOUTTE: QUE DE LEGENDES !




Beaucoup

de mes amis

souffrent de la goutte, même ceux qui

ne le savent pas.

Quant à moi,

elle m'a frappé

dès l'âge de 34 ans.







Il existe des milliers de fables concernant non pas son origine, mais bien son déclenchement. On va essayer d'y voir clair dans mes deux ou trois billets à venir. Par contre, la symptomatologie sera détaillée une autre fois. Pour le traitement, vous verrez votre médecin ou consulterez les textbooks.


La goutte, la vraie, trouve son origine dans la formation de cristaux microscopiques d'acide urique. Et ce dépôt déclenche une réaction inflammatoire locale qui provoque la douleur. Un autre versant de la maladie, moins connu du public mais en fait beaucoup plus dangereux, est la formation de calculs dans les reins, qui peuvent mener à l'insuffisance rénale.


Cette maladie est en train d'évoluer, ou peut-être en prend-on mieux conscience? Jusqu'au tournant du 19ème siècle, il y a certainement eu chevauchement entre des cas méconnus d'intoxication par le plomb et la goutte primitive. Ceci a donné naissance à l'image d'Epinal du bourgeois pléthorique et bon vivant souffrant de podagre. Il y a certes un peu de vrai dans cette perception, un peu seulement.


Actuellement; alors qu'on considère classiquement que 1 % de la population est touchée, certaines enquêtes évoquent une fréquence auto-déclarée de 4 %; oui, un citoyen sur 25 au cours de toute une vie. Il s'agit très majoritairement d'hommes. La goutte ne survient que rarement chez une femme, en tout cas avant la ménopause. En effet, les oestrogènes augmentent l'excrétion de l'acide urique par le rein.


Il faut cependant noter que la corrélation entre le taux d'acide urique dans le sang (l'uricémie) et l'apparition clinique de la maladie est très variable. Il y a des individus à uricémie élevée qui ne font jamais de crise de goutte. En fait, si on prend comme critère de "normalité" le chiffre de 7 mg/100 ml (ou 420 micromol/L), seuls 10 % des hyperuricémiques auront un jour des symptômes. Par contre, il est très fréquent de constater des chiffres supérieurs à la normale chez les patients atteints. Lorsqu'on diminue leur uricémie de manière sensible, la fréquence des crises chute également.


Pourquoi? En fait, la réaction inflammatoire se déclenche surtout dans des zones exposées au froid (pieds, coudes, lobe de

l'oreille ....), mais pas exclusivement. Les conditions de pH local jouent aussi un rôle, car l'acide urique est plus soluble en milieu alcalin. Enfin, la coexistence de traumatismes (accident ou frottements répétés) favorise le début d'une crise.


Donc, si "pas d'acide urique ", pas de crise (enfin, dans des limites raisonnables). Mais si vous présentez une hyperuricémie avérée, ceci n'implique pas forcément que vous en souffrirez.


Toutefois, devant une arthralgie d'origine peu claire,

un aphorisme médical veut que:

"When in doubt, think of gout"



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