DI MEOLA CHEZ NOUVEL


Un grand merci à

Isabelle et François :

le vilain théâtre

construit à prix d'or

par la ville de Perpignan sur des plans de Nouvel

a accueilli

Di Meola en duo.

Grâce à vous deux,

j'y étais.




Mes amis m'ont filé deux places pour un concert ... une heure à peine avant que j'aille les réserver moi-même. En effet, attendant mon informaticien sur un parking de la ville d'Elne, j'avais négligemment aperçu une affiche annonçant la venue ... d'Al Di Meola. J'avais résolu d'aller le voir (en duo) puis oublié de m'en occuper, tout aussi négligemment.


Le guitar-heroe - certains le rangent parmi les dieux de la "shred", au même titre que Roth (Scorpions) ou Blackmore (Deep Purple) - m'irrite parfois par ses pyrotechnics mais quand il fait de la musique plutôt que des démonstrations de virtuosité, sa fantastique technicité et sa grande sensibilité ne peuvent laisser indifférent.


Hier soir, en duo avec un Sarde, Péo Alfonsi, l'ami des moustiques, il a donné un récital de grande classe. A la soixantaine, souffrant manifestement d'un problème articulaire (une hanche?) qui limite ses déplacements sur scène, Di Meola enchaîne les moments intimistes (si si !) presque à la mode de Philippe Cartherine et les phases saccadées et brillantes. Il possède une faculté d'interprétation étonnante, cassant un rythme ou une mélodie au beau milieu d'une mesure pour s'envoler en arpèges ou en riffs, et reprend ensuite le fil de son discours musical. Et toutes les techniques y passent, enfin, toutes celles qu'un non-musicien comme moi est capable de reconnaître. Je pense que ses contacts avec le maître du flamenco (Paco RIP) et avec le génie des ambiances (John) ont enrichi son talent personnel, comme par osmose.


Hier, le mélomane - car si je ne suis même pas capable de lire une partition, seul ignare dans ce cas de toute ma famille proche, je pense être assez réceptif aux sons - a surtout été séduit par l'énorme complicité entre les deux artistes. Cet Alfonsi, avec une modestie étonnante car il est un énorme guitariste lui-même, n'a pas "donné la réplique" à la star. Il a permis - tantôt l'accompagnant, tantôt lui servant de continuo à la manière baroque, tantôt faisant le contre-chant, tantôt volant la vedette - de créer une vraie ambiance musicale, une poésie. C'était Debussy ou Stravinsky, façon Joe Pass. Parfois, Di Meola s'approprie l'emphase de Pat Metheny; hier, ce n'était pas le cas. 


Une technique que nous avait expliquée Pedro Soler un après-midi de "free-concert" au Palais des Rois de Majorque ne m'est pas passée inaperçue. Péo a volontairement détendu les cordes de Mi et de Si à un moment donné, pour pouvoir "croiser" (faire passer celle du-dessous de l'autre côté de la chanterelle) et créer des sons un peu nasillards, à grande résonnance, sans aucune aide d'un dispositif électronique de distorsion. En même temps, son compère prenait des "barrés" très appuyés et glissant vers le haut le long du manche, un peu comme avec un bottle-neck mais à mains nues. On aurait dit du cithare, le côté métallique en moins.


Un set de plus d'une heure et demie (comme sur la terre battue, hihi) et pas un temps mort, sauf l'une ou l'autre interruption pour chasser un insecte récidiviste venu humer la sueur des artistes sous la chaleur des sunlights.


Une formidable soirée.



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Commentaires : 1
  • #1

    François (lundi, 25 mai 2015 11:19)

    Et bien j'ai raté un grand moment... mais je suis ravi qu'un mélomane comme toi ait pu en profiter ainsi que des confortables sièges de l'archipel. (au passage que je trouve très beaux ne t'en déplaise (le théâtre, pas les sièges))
    Amitiés