AVEC LA LOUTE DEPUIS 1999

Emmanuelle et Vincent, sans oublier Sandra
Emmanuelle et Vincent, sans oublier Sandra

 

Oui, mes amis, c'est

en décembre 1999

que Virginie

(alias "la Loute")

et moi sommes "descendus" à

l'hôtel "l'Aubrac"

sur la place de Laguiole, pour la première fois.

 

 

 

L'histoire n'est pas banale. J'avais "récupéré" ma fille non loin de Vichy, dans la belle-famille de sa mère. Oui, je sais, les couples "multi-reconstitués", il n'est pas facile de ... reconstituer leur filiation non plus. Nous comptions loger là mais cela n'a finalement pas été possible (lisez "souhaité") et c'est en pleine soirée que nous avons fait route vers le Cantal.

 

Cette région est morte pour le touriste entre les fêtes de fin d'année et aucun village n'offrait d'hôtel ouvert. Comme ma fille, qui allait "faire" neuf ans, adorait déjà le fromage, c'est naturellement vers

Saint-Nectaire et autres hameaux producteurs que se dirigèrent nos pneumatiques. Finalement, nous avons trouvé à nous loger dans une chaîne célèbre, nettement au-delà de mon budget habituel. Le repas fut quelconque, ma fille "remballant" même poliment une pièce de boeuf quasiment grise, qu'elle avait pourtant commandée "entre bleu et saignant": 8 ans, la Loute!  

 

Une anecdote - politiquement incorrecte - qui m'a beaucoup amusé même si j'ai dû la réprouver un peu, restera présente dans ma mémoire. Nous avions nous-même investi assez tard la très belle salle-à-manger de style (milieu du 19ème siècle sans doute), toute peinte de blanc avec des dorures et notre repas était déjà bien avancé lorsque deux femmes d'âge moyen firent une entrée assez remarquée, main dans la main et affichant pas mal de théâtralité. Elles ne cherchaient certainement pas à passer inaperçues. Et la même Loute lacha, clara voce: "Dis, Papa, t'as vu à quelle heure elles viennent manger, les gouines?". Elle notait comme inconvenante cette irruption tardive, mais ne sourcillait pas outre mesure à l'attitude du couple. Les tables voisines prirent un air mi-gêné, mi-hilare.

 

Je précise que ce vocable n'a, chez nous, pas de connotation péjorative mais plutôt des accents familiers et évidemment un tantinet provocateurs. Il n'y a aucune place pour de l'homophobie dans mon cercle intime. Pour moi et pour mes enfants, les préférences sexuelles ne constituent pas une caractéristique discriminante mais une simple constatation, comme le fait d'être droitier ou d'avoir la tignasse blonde.

 

Après cela, la nuit fut bonne: pas d'inceste ni de pédophilie non plus dans mes habitudes; par contre, un sommeil facile et de plomb. De bonne heure, nous nous sommes remis en route vers le sud, devant être à Bandol dans les jours qui suivent. L'abord du Cantal, de la Lozère et de l'Aveyron fut magique. Un tapis de neige damée, sans aucun verglas et à l'adhérence parfaite (pneus d'hiver), ainsi que l'absence totale de circulation nous offrit une virée splendide entre les derniers troupeaux de vaches Aubrac n'ayant pas encore réintégré les étables, les pinèdes recouvertes de poudre blanche et les fils téléphoniques ainsi que les câbles à haute tension alourdis de flocons. 

 

Comme le soleil se couche de bonne heure, c'est à sa mise au lit que nous avons fait la connaissance de l'Hôtel de l'Aubrac. Ma voiture eut droit à l'abri d'un garage improvisé, sous un hangar aux baies vitrées de l'autre côté de l'esplanade, même si j'ai appris depuis lors à ne pas trop craindre les dégradations dans cette belle région: les petites frappes ne montent pas en altitude et les visages sont connus de tous.

 

Mais c'est surtout la côte de boeuf et l'aligot maison - un des meilleurs au monde, comme il sied à  un membre influent de la confrérie qui défend cette spécialité culinaire - qui nous firent forte impression. Virginie m'en a laissé une large part et c'est la patronne, Emmanuelle Brouzes, qui est venue me féliciter pour mon bon appétit. A l'époque, elle était encore une célibataire enjouée, mais sa soeur et elle avaient déjà pris possession du navire familial, toujours sur le pont et l'oeil à tout. 

 

Nous avons par la suite connu l'arrivée de Vincent, lui aussi un professionnel de l'hôtellerie, et puis les bébés de la famille. Nous avons assisté à l'essor sans fin de l'établissement (père en cuisine avec une brigade à géométrie variable suivant la saison): on ne cache pas que, au plus fort de l'été, entre les pèlerins, les touristes, les VRP et les locaux, la grande salle-à-manger et le jardin-barbecue servent parfois mille couverts (oui, mille !) dans la journée. Pourtant, la qualité ne faiblit pas car on dispose du personnel en conséquence.

 

Et la semaine dernière, entre des livraisons en plein Gévaudan, une dégustation au village, une autre à Chaudes-Aigues et enfin un passage à Châteauneuf-de-Randon, c'est à nouveau là que nous avons satisfait nos appétits, Christine et moi.

 

De temps en temps, cette maison rentre l'une ou l'autre de nos références sur une carte bien fournie, notamment en vins du Sud-Ouest et, comme il se doit, un beau choix de Marcillac. Mais ma clientèle assidue n'est pas tributaire de cet élément. Je compte toutefois bien réintégrer leur sélection l'an prochain, dans le cadre de nos efforts pour arriver à être plus visibles sur l'Aveyron.

 

Actuellement, c'est la belle "Hostellerie de Fontanges"

à Onet (à l'extérieur de Rodez) et "l'Auberge du Rascalat"

à une encâblure de Millau, qui proposent

nos vins dans ce département. 

Nous estimons que la gastronomie locale,

à la fois fine et roborative, leur convient particulièrement bien.

 

 

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