UN DIMANCHE DANS LE RIBERAL




Je suis à court de tout

et notamment d'énergie.

Ce n'est pas une raison 

pour "sauter" un billet

de blog, dimanche ou

pas dimanche.






Je récupère "mon" pc demain. En fait, il s'agit d'une tour Intel

Pentium 4 montée en octobre 2005, maintenue en vie par quelques rénovations intermédiaires (alimentation, ventilateur, remplacement du disque dur ... ) et qui n'a pas connu trop d'avatars, d'autant que je lui enlève le capot de temps à autre pour éliminer la poussière. Néanmoins, les 504 Mb de RAM ont du mal à gérer et l'anti-virus et un moteur de recherche moderne et gourmand. On m'a donc refilé un peu de mémoire de récup', nettoyé les quelques intrus qui s'y sont infiltrés et je lui offre en plus un petit onduleur, l'ancien ayant déclaré forfait.


Donc, depuis quelques jours, je jongle avec une série de périphériques occupant à tour de rôle les quelques entées USB d'un portable de rabiot et avec des logiciels différents de ceux auxquels je suis habitué. Or, à mon âge, les nouveautés s'assimilent moins aisément.


Ainsi, les corrections d'image offertes sur "Vista" sont très différentes de celles dont je dispose d'habitude et mes "bonnes femmes" ne sont pas strictement verticales. Notez que cette appellation fantaisiste représente pour certains la "bourguignonne" mais pour d'autres le type de bouteille que l'on utilise parfois pour les rosés de Provence.


Quoiqu'il en soit, répondant à un "post" de la famille Nudant célébrant un événement important à grand renfort de Corton, je m'étais mis en quête de mon fond de cave pour constater qu'il ... fond justement comme soufflé sorti du four. Et encore, depuis la photo, ma richesse se limite au seul 1988. Cela nous vaut un petit couplet sur le vignoble de la Côte d'Or.


Que de malentendus, que de sottises ne rapporte-t-on pas !

Que ce soit clair: c'est ma grand-mère, "Bobonne", qui m'a fait découvrir le vin, dès que j'ai eu  4 ou 5 ans en fait. Et elle avait un faible pour le Bourgogne. Mais, dans les années '60, je pense qu'une partie des bouteilles vendues sous ce nom en Belgique, ou ramenées de Dunkerque par le poste frontière du "Perroquet" au titre de la "Tolérance" douanière (de Toelating) ne devaient pas tout leur jus au seul pinot noir. Peut-être même la belle Algérie française avait-elle gardé un peu de son stock pour permettre des assemblages après les fameux "événements", ainsi appelés pour échapper aux codes internationaux qui s'appliquent en temps de guerre?


Pour moi, le Bourgogne rouge est un des vins les plus subtils au monde, mais ceux qu'il m'arrive de boire ne correspondent que très rarement à mes standards et ne satisfont qu'exceptionnellement mes attentes. Pour faire simple, leur couleur peut être claire, mais pas "louche" et doit être foncée lors des années où les peaux ont pu mûrir convenablement, même en l'absence de thermovinification, technique qui ne me convainc pas. J'exige en outre un nez très fruité, que le vin ait été fort boisé ou pas du tout, et une acidité franche en attaque, mais avec du gras pour suivre et de vrais tannins, qui seront parfois légèrement rapeux dans la jeunesse du vin. Au vieillissement, j'accepte que la teinte vire à l'acajou et que le bouquet (secondaire, exceptionnellement tertiaire) prenne des accents de sous-bois, de fougère à l'automne ou de champignon. Mais le "vieux cuir", le gibier en décomposition et l'acétisme à outrance, tellement plébiscités par un grand nombre d'amateurs, experts auto-proclamés et notamment dans mon pays, me débectent proprement.


N'y allons pas par quatre chemins: j'ai souvent trouvé le type de vin qu'il me faut chez Jean-René Nudant, et notamment dans ses "simples" Ladoix villages ou dans ses "Corvée" et ses "Buis". Mais je ne suis pas certain que TOUT le système pyramidal des appellations bourguignonnes rende réellement, au 21ème siècle, une représentation fidèle de la hiérarchie qualitative. Je vais me faire tuer par les psycho-rigides des classements et par les amputés du cortex pour qui l'INAO représente l'Ancien Testament ou les Tables de la Loi. A contrario, j'ai bu beaucoup de Corton dans ma vie, sous ses différents climats et chez pas mal de propriétaires et il me semble que ce "grand" territoire (une centaine d'ha, je crois) nous donne souvent des choses offrant une réelle complexité.


Malgré tout, j'ai le souvenir du Bressandes 1987 de la maison, qui était un gentil petit vin, sans plus. L'inconvénient de ces parcelles de taille réduite, et du cépage unique, avec une météo aussi nordique que celle-là, est que justement on n'a pas le secours des assemblages pour améliorer - sans artifice - un cadeau de la nature un peu défaillant. Même un vigneron attentif et compétent ne peut pas faire l'impossible. Et le seul nom de "Bourgogne" ne garantit pas un miracle, quand le climat ne le permet pas. Pourtant, 1985, 1988, 1989, 1990, 1993, 1995 et 1997 m'ont comblé. Je les ai tous eus en cave. Après ... je ne suivais plus, car ma tête était ailleurs, mes mains travaillaient le schiste et mes finances se trouvaient détournées par mon banquier.


Revenons au 1997 de mon illustration. Vous savez, celui qui n 'est plus qu'un souvenir. Je ne vous en dirai pas grand chose, par charité pour vous: mais il était très bon et je regrette que ce fût ma dernière bouteille.


Salut à Jean-René et Marie Anne, ainsi qu'à leur fils Guillaume. C'est promis, dans une autre vie, celle où le pôvre vigneron de la Coume Majou aura un peu de temps pour lui-même, on viendra vous dire bonjour, comme si souvent jadis; comme du temps où les brigands n'interdisaient pas par leurs exactions d'aller loger une nuit dans le petit belvédère sur le coteau. 


Comment dit-on SAUDADE en patois du "21" ? 




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