NOTONS QUE JE SUIS SANS NOUVELLE D'ELLE

 

 

 

 

 

 

 

 

D'ordinaire, Melle Nothomb

- je ne me sens pas l'humeur

de l'appeler "Amélie" -

me téléphone ou bien 

m'envoie un petit mot.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais là, RIEN. 

 

J'ai attendu toute la journée, les yeux rivés sur la fente de la boîte à lettres et les oreilles aux aguets du timbre de France Télécom. RIEN.

 

Pourtant, on était bien le 13 avril, date de mes "hémi-anniversaires". Je fêtais mes 58 ans et demi. Mais RIEN.

 

Le 13 octobre, par là, je reçois généralement une missive, perçue comme une attention inattendue la première fois, et déjà comme un événement flatteur mais presque dû, la deuxième.

 

Ainsi, le 18 octobre, elle me souhaite ma fête par téléphone. C'est normal, c'est la

Saint-Luc.

 

Mais là, pour mes 58 ans et demi: RIEN. 

 

Notre auteure serait-elle souffrante? Albin Michel auraient-ils coupé l'encre ? 

Sûrement, Christine, qui veille sur moi comme un curé sur la moralité de ses ouailles, a mis le holà à une relation qu'elle pensait en voie de déraper. Elle a dû prévenir l'éditeur. Oh, ne vous méprenez pas, il n'y a rien de bien personnel ou intime, ni de compromettant, pour rien au monde. Non, mais la crainte de ce temps d'écriture que je soustrairais à mon dur labeur de pôvre vigneron ...


Et moi, j'en ai de plus en plus envie, d'écrire. 

"Une seule lettre vous manque et tout est dépeuplé". Je me sens ... négligé, Amélie, ou en tout cas je le feins. Un beau prétexte à ce billet décousu, non? 

 

Au moment de raser le peu de barbe

- bleue évidemment 

qui m'enlaidit les joues,

et de parfaire ainsi mon hygiène

- moi qui ne suis pas un assassin -

je me résigne à contrecoeur

à cette nouvelle ... forme de vie.

 

 

 

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