ON EN MANGERAIT !

Balance des couleurs modifiée, sinon copyright E.D.
Balance des couleurs modifiée, sinon copyright E.D.






Ah bon ! 









PREMIER VOLET


Cette assiette a été mise sur le mur FB d'un adorable sommelier et consultant parisien, ancien du Quai de la Tournelle, un soir où il avait du vague à l'âme. Nous avons été des dizaines à nous moquer gentiment de lui. J'ai rendu la palette de couleurs un peu moins glauque et ai "débasculé" la perspective. Sinon, lorsque feu mon Setter Gordon vomissait sa pâtée, voilà à peu près à quoi ressemblait son écuelle. Non, franchement, Emmanuel, ils n'étaient pas appétissants, tes "oeufs brouillés". Vraiment pas, mais tu nous a bien fait rire. 



DEUXIEME VOLET


A l'autre bout du spectre, j'ai depuis quelques jours l'occasion de taquiner - subtilement je l'espère mais ce n'est pas ma qualité principale - le chef étoilé du village voisin, Pierre-Louis Marin de l'Auberge du Cellier (Montner). En effet, il arbore depuis toujours je crois (installé en 1999) une déclaration sur son site qui me plaît bien. Vous irez voir vous-même mais elle précise, en susbstance: "Si c'est de l'esbrouffe visuel que vous cherchez, ne vous arrêtez pas chez moi". 


Tout le monde savait, à moins d'être agueusique, que sa table figurait parmi les meilleures du département mais Madame Bibendum a été un peu longue à lui rendre justice. Ce fut fait en janvier de l'année passée et ... rien n'a changé depuis le macaron. Enfin, presque rien: le tarif est resté le même; Patrick (son chef de salle) a gardé son flegme réservé mais un sourire plus détendu occupe ses traits; le menu "truffe" annuel fait toujours référence et les assiettes sont demeurées "sages"; le second (qui était un Belge depuis quelques années) a cédé la place récemment à un "petit jeune", en apparence. Mais cette fois, on a eu droit à deux menus truffe différents en succession, et des menus "à thème" (canard et pattes palmées, agneau et laitages de brebis, fraise tagada et marsh-mallows ...) font leur apparition fréquente. 

[Euh, cette dernière, c'est une blage !]


Et puis, depuis 15 jours environ, les assiettes "sages" prennent un "petit grain" et leur photo apparaît sur le net. Interrogé "en stoemelings"*, le chef m'a fait comprendre que ce fameux second avait carte blanche - lorsque le service lui en laisse le temps - pour donner libre cours à sa fantaisie. Ne craignez rien, les feux d'artifice des "foodistas" espagnols, pieds et poings liés à la solde de l'industrie agro-alimentaire et de la chimie du colorant n'ont pas envahi la face arrière de Força Réal. Non, simplement, les assiettes ont pris du relief. On m'a même dit - le coutelier ambulant qui fait les marchés du département - que "l'Auberge" avait commandé 3 paires de Brucelles et quatre Kocher pour sa partie "entrées". Mais on était si près du 1er avril que je ne l'ai cru qu'à moitié.



TROISIEME VOLET


Christine et moi avons parfois des prises de bec. Jamais dans votre couple ? Menteurs ! Pour nous réconcilier, nous nous branchons sur le net et regardons certaines des assiettes " à la mode" proposées à gauche et à droite. On se tape les cuisses, on se tord de rire, on s'en pète la glotte, elle déploie enfin sa gorge et on se marre comme une bande de canards. Je ne dois pas vous décrire la suite. 



Bon, ce n'est pas tout ça.

J'ai faim et nous sommes le lundi de Pâques.

A suivre.



* "en stoemelings", dialecte bruxellois pour "par des voies détournées,

   en catimini" 

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