A LA CHEVRERIE DES CHÊNES : SERIEUX 

 

 

 

Je vous avais expliqué

que 2014 fut une année faste

pour la Chèvrerie des Chênes.

Mais le logiciel a TOUT effacé.

Je recommence depuis le début.

 

 

 

 

 

 

 

 

Alison a largement rajeuni son cheptel et des individus de race "Boer", à vocation bouchère, sont venus compléter les chèvres alpines, essentielement laitières.

 

Des innovations et des rénovations, au coup par coup, ont vu le jour sur les bâtiments et le matériel, et une aide occasionnelle, notamment pour les lourds travaux agricoles, a pu être engagée aux moments cruciaux. Lors de notre passage, une jeune femme au sourire radieux, arborant les couleurs du lycée agricole de Saint-Flour (Cantal), vidait tout le fumier à l'aide d'un énoooorme tracteur, à poste de commande inversé et aux pneus un peu moins "sculptés"; bonjour l'adhérence ! Au moyen d'un deuxième attelage, elle allait ensuite puriner les aires de fourrage à l'autre extrémité de l'exploitation. 

 

Enfin, des stagiaires occasionnels font leur apparition.

 

Mais tout ceci à un coût, notamment au niveau de la fatigue et de la dépense d'énergie, j'en sais quelque chose moi-même. Notre Alison avance lentement mais inexorablement vers les 45 ans aussi, en dépit de son aspect juvénile! 

 

La campagne de "biquettage" s'est fort bien déroulée, alors que deux ou trois fois par le passé, les "toxémies" avaient été un souci. J'ai voulu en savoir plus sur le sujet et ai joué à mon "curieuze mosterdpot", mon gros "nosy parker".

 

Chez la biquette de mon espèce, on appelle "toxémie gravidique" la pré-éclampsie. Il s'agit d'un déséquilibre de l'unité-foeto placentaire qui entraîne de la protéinurie et une hypertension artérielle chez une femme auparavant normotendue. Il ne s'agit pas d'un problème infectieux. La médecine actuelle empêche cette situation d'évoluer vers des crises comitiales, pouvant éventuellement entraîner la mort du fruit ou de la maman. 

 

Mais chez la chèvre, ce terme de toxémie gravidique (ou toxémie de gestation) s'applique à une affection distincte, qui repose sur l'apparition d'une hypoglycémie ou bien d'un problème toxi-infectieux dont il faut faire le diagnostic différentiel.

 

Classiquement, un tableau clinique associant un état "dépressif" d'une chèvre au bout de sa grossesse ou même au début de la lactation, qui s'éloigne du troupeau, s'alimente moins ou pas du tout, boit insuffisamment et finit pas montrer des signes neurologiques (troubles de l'équilibre et du déplacement, cécité, coma progressif) évoque la toxémie. On estime généralement que c'est le résultat d'une hypoglycémie chronique, liée à toutes sortes de facteurs déclenchant et/ou un problème alimentaire. L'affection atteint plus volontiers des mères portant plusieurs foetus, ou de grosse taille, ou au contraire chétives et sans réserves, âgées, stressées (parasitose, transport, hypocalcémie ...). Souvent s'y associent des changements alimentaires: espace fourrager trop réduit, déménagement de site, conditions climatiques empêchant une alimentation normale, fourrage trop ligneux

.... pour les détails, vous ferez appel au Dr. vét. Charlier, le Thierry de ce blog. En gros, la chèvre a augmenté ses besoins caloriques (et parfois protéiques) mais ne peut les satisfaire. Elle fait alors appel à de la gluconéogénèse au départ de ses protéines musculaires, comme chez l'humain, ou en utilisant comme précurseur un mécanisme prenant sa source dans l'acide propionique du rumen. Ca, nous, on n'a pas ! En outre, la bêta-oxydation des corps gras, comme chez l'humain également, entraîne le cycle de développement de "corps cétoniques" et une acidose métabolique.

 

Enfin, d'après Alison, des troubles alimentaires (excès ou carence) peuvent aussi modifier les conditions physico-chimiques dans la lumière intestinale, permettant le passage de bactéries (des Gram-négatif, je suppose) vers le torrent sanguin (septicémie) ou simplement la résorption des endotoxines de ces mêmes germes par la muqueuse digestive, avec les même effets. Un choc toxi-infectieux complique alors l'acidose et l'hypoglycémie: la totale. 

 

Bon, maintenant, à Bonnanech tout va bien. La clientèle du marché de Montauban et du marché bio de Gaillac, celle qui fréquente l'exploitation, et celle de l'Amap suffisent à vendre toute la production. Alison pourrait même augmenter son volume ... si elle disposait de plus de lait. Pas de plainte de ce côté-là. 

 

Hier soir, au moment d'interrompre ce récit, deux jolis pigeons de bouche du même marché ont commencé à crépiter au fond de ma cocotte. Vous le lirez plus tard.

 

Bonne continuation, Alison, et tâche de te faire aider un peu plus.

 

 

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