DEVANT LE CENOTAPHE

André Hardouin et Christine en pélerinage
André Hardouin et Christine en pélerinage



A la gauche de l'image,

vous tombez sur le cénotaphe

du Connétable de France, Bertrand du Guesclin.

Nous y reviendrons. 







Pour l'heure, Christine et son "Tonton" posent devant la façade de

l'Hôtel de la Poste à Châteauneuf-de-Randon. C'est toute une histoire.


La propriétaire des lieux - une affaire de famille - est actuellement en cure thermale et c'est sa fille, Marie Laurens, qui "joue à la patronne" ad interim, avec quelques mois d'avance sur son entrée en fonction définitive.


Nous l'avions rencontrée comme sommelière - un avant-bras dans le plâtre suite à une chute de moto - dans une des plus belles tables du Massif Central, puis comme maître d'hôtel dans l'Aubrac lozérois. Entretemps, elle avait fait un passage dans les palaces de Dubai. Marie fait aussi office de maîtresse de stages pour les apprentis-sommeliers de l'école de Saint-Chély. A chaque fois, son sourire charme tout le monde et adoucit ses strictes exigences professionnelles. Elle a raison: de la rigueur et de la gentillesse, voilà le bon cocktail.


Nous avions déjeuné à l'Habitarelle avec ma mère, il y a 3-4 ans, ne sachant pas que c'est à côté d'une partie (sic) du cadavre du grand capitaine breton que repose l'établissement. Cette fois, nous y avons fait étape et j'ai pu m'intéresser aux faits d'armes des protagonistes de la Guerre de Cent Ans, qui y a fait rage, comme à la Dômerie d'Aubrac d'ailleurs.


Le bâtiment est vaste , situé au croisement des routes qui mènent à Mende, au village de Châteauneuf sur son piton (joli panorama), à Langogne et vers le nord de la Margeride. Il y fait très calme et les chambres accueillent de nombreux randonneurs à la belle saison, ainsi que des représentants qui y font étape entre leurs tournées. La salle à manger est l'endroit magique de la propriété: il s'agit d'une ancienne grange, gigantesque, dont la charpente apparente en parfait état de conservation fait penser à un immense galion renversé. Jadis, toute une série d'objets hétéroclites, et notamment des petits animaux empaillés d'un autre âge, rappelaient le passage des années et des générations. Dans un souci de clarté, les murs ont gagné en sobriété à présent et c'est bien ainsi.


Nous avons également été témoins de la première innovation "made in Marie" à la carte des vins (fort sympathique par ailleurs): elle vient de faire rentrer un Beaumes-de-Venise aux reflets légèrement rosés ou orangés, à la douce saveur muscatée, sans exagération. Beaucoup d'élégance dans cet apéritif. 


Comme de coutume en Lozère, méfiez-vous des menus: pour bons appétits seulement. Cela tombe bien, nous sommes de solides mangeurs.


Il faisait excessivement bon sur la Margeride en ce début mars: ça et là, quelques plaques de neige persistaient sur le sol, dans les recoins à l'ombre mais il n'a pas gelé de la nuit et le petit déjeuner - un copieux buffet - s'est déroulé en plein soleil, avec vue sur le tombeau du héros - controversé - de la France.


La Lozère est un des départements les moins peuplés de la France, et les espaces y sont grands, les horizons dégagés. Pour l'instant, les pâturages ont encore leur pelage jaune de l'hiver et les bêtes ne sont pas encore dehors. D'ici peu, on verra l'herbe verdir, les crocus puis les jonquilles sortir et les abondants rapaces reprendront leurs cercles au-dessus de nos têtes, friands de tous ces petits rongeurs que le printemps fait se multiplier. 


Au-delà du caractère paisible et spectaculaire des paysages, le département foisonne de lieux historiques et de châteaux de toutes les époques. Quant à Mende, où la crise n'a pas été tendre depuis tout un siècle, on y fait un réel effort de rénovation du centre ville. Je m'adresse notamment à mes lecteurs belges: mettez la Lozère sur vos intentions de vacances, vous découvrirez des lieux enchanteurs et inhabituels, pleins de calme mais offrant de nombreuses curiosités à visiter. 


Et on y mange bien ! 





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