MERCI A M. POUZERATTE

 

 

 

 

Ce n'est pas

l'Agence France Presse !

 

 

 

 

 

 

 

J'ai déjà eu l'occasion d'exprimer l'immensité de ma défiance envers la presse, en général. Pourtant, mon fils aîné est détenteur du diplôme en "Sciences de la Communication" - c'est comme cela qu'on appelle le "journalisme" à présent - de la Erasmus School et j'ai été moi-même le collaborateur régulier de divers magazines (Semper, Le Journal du Dentiste, Le Journal du Médecin ...) et puis un membre actif de la rédaction d' In Vino Veritas (IVV). Ni lui ni moi n'avons pourtant détenu de "carte de presse". Quant à l'AFP, de même que Reuters, ils ne sont que le bras désinformant de la machine capitaliste et industrielle des US of A, le premier vrai adversaire commercial et politique de nous tous, les Européens.

 

De ma période IVV, commencée alors que (car, en fait) j'étais le responsable des cours d'oenologie au CERIA (promotion sociale, le soir), prestigieuse charge s'il en était, j'ai gardé quelques contacts agréables et aussi de profondes inimitiés, notamment avec les "journalistes spécialisés" français des années '90, époque où le mandarinat, la suffisance et le parti-pris fleurissait parmi eux à une hauteur inimaginable. Je dois confesser que mon manque de souplesse et la conscience (réelle ou imaginaire, peu importe) de mon énorme supériorité sur eux ne me rendait sans doute pas archi-sympathique. Je m'en moquais déjà comme de ma première bouteille bouchonnée. Je devais pourtant n'avoir que tout juste cinq ans lors de cette expérience traumatisante et il s'agissait d'un "pispotter" comme disait Bobonne, ma grand-mère nourricière et imbibitrice, en parlant des riesling de la prestigieuse commune de Piesport, dans le district de Bernkastel-Wittlich. 

 

En conséquence, lorsque mes premières mises "à moi", provenant de la Coume Majou, ont fait leur apparition publique, elles ont été ostracisées de manière délibérée. Etant donné que je ne comptais pas vendre mon vin en France, je n'en ai pas pris ombrage et n'ai pas déployé des efforts surhumains pour plaire à ces messieurs. Même plus, j'ai continué à égratigner l'ego des plus pontifiants d'entre eux chaque fois que c'était possible. Quant à la génération suivante, qui ne me connaissait pas, je n'ai pas eu l'occasion de lui fournir la possibilité de faire son opinion personnelle, même si je n'entretiens aucun contentieux avec elle. 

 

A présent, Christine propose mes vins en direct à la (très) belle restauration du sud de la France, 18 départements méridionaux à ce jour ... and still growing. La plupart de nos clients possèdent soit un chef (ou une patronne) amateur de vin, soit un serveur compétent, soit un sommelier. Ils ne se reposent pas sur les magazines spécialisés et leurs dépliants publi-rédactionnels pour faire leur choix. Mon manque de notoriété - un handicap commercial certain - ne pourra jamais être comblé car un plan de campagne publicitaire n'entre ni dans mes budgets ni dans mes souhaits. Je ne peux donc compter que sur la bouche-à-oreille de la clientèle des particuliers de passage, des Belges en déplacement et des convives fréquentant les belles tables qui nous font confiance. So be it

 

Le hasard a voulu - sur ma ceinture de combat-dress, il est écrit Zufall mit Uns - que l'une de mes bouteilles, la Cuvée Majou 2007, trouvât grâce auprès du palais d'un des sommeliers les plus pointus (et actifs) des Alpes françaises,

M. Pouzeratte qui officie au bel Hôtel Chavant à l'extérieur de Grenoble. Il présente souvent mon vin à ses clients et nous a déjà conviés à l'une des dégustations de prestige qu'il organise pour sa clientèle savoyarde et iséroise. Et bingo, il y a deux mois, je reçois un coup de téléphone - extrêmement aimable - d'un homme ayant goûté cette bouteille par là-bas, l'ayant appréciée et fort surpris que je ne sois pas "plus médiatisé' (sic). Je lui explique alors pourquoi dans des termes voisins de ceux de ce billet - je ne suis pas du genre à tenir deux discours différents suivant mes interlocuteurs.

 

Il se fait qu'il exerce la profession de ... journaliste spécialisé, organise des concours de dégustation renommés dans toute la France et "... pourriez-vous s'il vous plaît m'échantillonner ? " A ce genre de question, ma réponse est toujours oui. Mon expérience de l'industrie pharmaceutique (pouah, quel vilain mot !) m'a appris que, lorsqu'on a quelque chose de bon à vendre, la meilleure manière de le faire savoir est un échantillon. Les agences de com' ne m'aiment pas mais les compagnies de messagerie bien, par contre. Notre homme, appelons-le Margo, a donc reçu des bouteilles pour ses concours - où elles ont été appréciées - et une série d'échantillons pour lui-même, afin qu'il découvre ma gamme. Nous étions convenus que je lui facturerais le port - notre trésorerie est moins florissante que celle d'un grand groupe de presse - mais Christine, plus fine commerçante que moi, trouve que ce serait mesquin. Je me tâte encore.

 

Et voici ce que m'écrit Margo, après dégustation attentive:

 

" Bonjour cher Luc

J'ai terminé la dégustation des autres vins que vous avez eu la gentillesse de me faire parvenir.

Tout d'abord je voudrais vous dire que j'apprécie beaucoup leur style, fait de pureté, de fraîcheur, de netteté aromatique. Le Majou 2008 est dans la même veine que le 2007 encore plus élégant et distingué. La Cuvée du Casot 2008 possède un nez superbe, une bouche chargée en alcool sur les fruits rouges et noirs, et une belle matière.

Le Maury 2010 est d'excellente facture. Le Miquelet 2005 possède un fruit éclatant, avec un petit coté perlant dés l'ouverture de la bouteille. On retrouve cette sensation de perlant dans l'Eglise 2008, également très pur et doté d'un fruit gourmand. Je pense que vos vins s'inscrivent dans le temps avec profondeur et puissance, dans un style qui leur est propre. "

 

Suivent alors quelques considérations flatteuses que je ne reproduirai pas. Tout d'abord, ce texte descriptif recoupe assez bien ma propre évaluation. Ensuite, il ne comporte pas de faute (rare chez un journaliste façon 21ème siècle). Enfin, je le trouve très bien disposé à mon égard.

 

Merci à vous, Margo, et vous serez le bienvenu

s'il vous arrive de passer nous voir.

 

 

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Commentaires : 2
  • #1

    Dila (dimanche, 22 février 2015 17:25)

    Casot 2005 reste mon préféré de tous les temps. Hors catégorie! Je n’ai pas encore goûté le 2008.

  • #2

    Luc Charlier (dimanche, 22 février 2015 17:38)

    Merci ami. Il s'agissait de ma toute première mise: "beginner's luck" !