LES MERES, PORTEUSES DE TANT D'ESPOIR






Je cherchais un sujet

bien "gore"

pour mon billet du jour.

Je crois que je l'ai trouvé.







Vous avez pu penser que je remontais le temps. Ce doit être une coupe sagittale au travers d'un rognon droit, sans section complète du bassinet. Que non.


Ah oui, je sais: une anecdote. Je finissais mon stage d'obstétrique dans une clinique de la périphérie bruxelloise affiliée aux hôpitaux académiques de l'ULB. J'avais choisi cet endroit car la maternité accueillait bon an mal an 3 à 4 parturiantes par nuit, dans des conditions proches de la nature (méthode Leboyer adaptée) et avec un encadrement très attentif des stagiaires. J'y ai effectué une quarantaine d'accouchements, dont les quelques premiers seulement "à quatre mains". Pour le reste, l'équipe exceptionellement compétente de sages-femmes et de gynécologues m'a fait la confiance de me laisser me débrouiller seul, sous leur surveillance toutefois. Tout s'est bien passé. Je n'ai jamais eu mal, car j'avais suivi la préparation à l'accouchement sans douleur.


Une nuit toutefois, une primipare s'est présentée à l'admisson sans aucun dossier médical, ni aucune consultation prénatale. Nous l'avons installée, on s'est assuré qu'il n'y avait qu'un enfant à naître et que la présentation était normale. Le mari a mis en place une petite "popote" macrobiotique dans la chambre : un réchaud à gaz, des provisions, ses condiments à lui. Pendant ce temps, j'ai expliqué à la mère ce qui allait se passer: lumière tamisée, petit bassin plein d'eau pour recueillir le nouveau-né, musique d'ambiance et tout le toutim. Quelques heures plus tard, elle donnait naissance à un joli bébé en parfaite santé. Je suis allé peser son placenta après la naissance de celui-ci, et m'assurer qu'il était complet. Avec humour, on m'a demandé de le rendre. J'ai répondu, car je ne suis pas le dernier pour la déconne: - "Bien sûr, il vous appartient". Eh bien, chers amis lecteurs, il fallait les prendre au pied de la lettre. Mes patients macrobiotiques ont frit l'arrière-fait dans de l'huile bio et l'ont dévoré devant moi, "parce que les juments le mangent aussi". On m'a offert un morceau mais j'ai décliné poliment, prétextant que je venais de prendre mon repas au début du travail. "Henni soit qui mal y pense", je ne me sentais pas d'humeur chevaline cette nuit-là.


Eh bien non, ceci n'est pas un placenta après le part non plus.


Mais oui, mais c'est bien sûr: il s'agit de la mère d'Alison, notre chèvrière du Quercy. N'arrivant plus à prélever de liquide par le robinet bouché de son vinaigrier, elle a entrepris de prendre le taureau par les cornes, maintenant que ses chèvres sont taries et que monsieur le bouc va pouvoir entrer en action. Et voilà ce qui bouchait l'orifice. 


Bonne année à toi, Alison et que 2015 t'apporte tout ce que tu souhaites !





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