NOËL : J'AI INVITE DEUX RICHES A MA TABLE

 

 

A l'heure où beaucoup

de collègues profitent

de la Cène

qui se rapproche

pour exhiber 

leurs dernières cuvées,

ma mise en scène

à moi vous présente

les petites qu'on va

sans doute déquiller.

 

 

 

  

Non, je n'ai pas invité de nécessiteux ce soir. Reprenant à mon compte la déclaration d'un pluri-macaronné belge s'adressant à notre ami Gérald,

ex-marchand de vin: "Ils ne comprendraient pas ma cuisine".

 

Mais, par contre, j'ai deux hôtes de marque, des riches. Nous ne serons pas trop de 203 années pour faire leur peau à tous ces millésimes.

 

La plus jeune en effet se dit riche de ses rêves, de ses deux petites; et moi je la crois riche de pouvoir découvrir le monde autour d'elle, avec sa foule d'emmerdeurs et aussi quelques personnes fantastiques. Riche, quoi!

 

Le doyen, lui, il est riche d'un passé sans histoires, sans triche ni friche. Il est riche d'un fémur conservé intact en dépit d'une chute qui aurait pu faire biche. Riche de deux yeux qui remplissent encore leur offiche; riche de ne pas trop s'occuper des remous qui l'entourent: en fait  ... il s'en fiche!

 

 

Ne voulant pas être en reste, j'ai plongé dans la cave

Pour trouver les bouteilles, le plus juste breuvage,

Arrosant nos agapes en tant de petits plats.

Elles proviennent du Bas-Rhin, de chez l'ami Friche*

Loin de l'Aube, de la Marne et de toutes leurs triches.

Lesquerde fournit le condiment, Saint-Brieuc le substrat,

Le Fenouillèdes d'abord, puis les Côtes d'Armor.

Afin d'éviter toute faute pour accompagner les coquilles,

C'est le macabeu d'ici qui brille de tout son or,

Et remplit les gosiers quand on vide sa quille.

Les canards bien gras nous ont offert leurs entrailles,

C'est la pomme du conflent qui complètera leur foie,

Pour finir cet accord, sans faute, vaille que vaille,

C'est dans le Haut-Rhin qu'on ira cette fois.

Le sanglier mesquin, qui défonce mes plants,

Ne s'en tirera point comme par un coup de bol:

Les fusils de l'ACCA ont brisé net son élan,

Il finira pantelant noyé dans le Bandol.

Au centre de la ville, chez l'excellent crémier,

J'ai trouvé tout de suite un fromage à mon goût.

Un Brillat Savarin, frais, évidemment fermier

C'est bien le minimum pour qui se destine à Majou ! 

Si le Tuber est plus petit que mon sternum,

Ses parfums évoquent bien la melanosporum.

On finira le repas, à moins que d'être sot,

Par une grande lampée d'un excellent Porto.

 

 

A demain, et vive le boldo ! 


 

 *: On a déjà fait mieux ! 


 

 

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Commentaires : 3
  • #1

    Denis Boireau (mercredi, 24 décembre 2014 14:38)

    Bon appetit et bises a la Delicieuse!

  • #2

    Michel (mercredi, 24 décembre 2014 16:16)

    Nous vous souhaitons excellentes agapes et libations et un joyeux Noël.
    Demain midi j'ouvrirai un Léoville Lascases 79 pour mon fils Jérémy, un Pape Clément 81 pour mon fils Erwann et un Sociando Mallet 2000 pour notre fille Lisa...
    ... et pour accompagner nos "spéciales" une cuvée Civale...

  • #3

    Michel Smith (mercredi, 24 décembre 2014 18:12)

    Imbattable ! Bises aux Filles !