SUR LA TERRASSE DU CEDRE

Où est la "grande" bleue?
Où est la "grande" bleue?

 

 

 

 

 

Si vous êtes sages,

on vous écrira un tryptique

relatant la journée du

troisième dimanche de novembre

(quelle date, Thierry?).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En voici la fin.

 

Nous profitons de la visite en Roussillon, non pas du nonce apostolique mais bien de la vioque polyarthrosique*, pour aller nous asseoir chez des clients triés sur le volet, tant qu'elle mange encore proprement (oh!). Les Jardins du Cèdre nous ont accueillis, en intérieur, car la terrasse est à l'ombre pour le déjeuner à cette période de l'année et il y avait "un peu d'air", comme on dit. Je vous ferai ailleurs le récit de nos agapes - parfaites en tout point - mais ne peux résister à l'envie de vous montrer comme la vie des retraités est dure en bordure du Golfe du Lion, quand ils rassasient une faim de loup devant les tous petits moutons parsemant la surface de l'onde. Là, il n'est pas loin de trois heures et le soleil commence à descendre, surtout qu'il n'est jamais monté bien haut. Il doit faire autour des 15°C, la mer est bleue et le gilet de ma mère aussi. Elle a choisi de ne pas porter sa jupette Chanel pour coordonner sa tenue avec celle de Christine. Port-Vendres, à l'instar de Collioure, a servi de base arrière aux vaisseaux de la Royale faisant la course aux Barbaresques, d'où les fémurs presque croisés. Il y en a quatre en tout, mais de longueurs inégales: n'entre pas dans la flibuste qui veut ! 

 

Le propriétaire, répondant en totalité aux exigences des "maîtres restaurateurs" que nous soutenons vivement, comme une première étape distingant les vrais professionnels des réchauffeurs de bouffe issue de l'agro-alimentaire, en avait profité pour aller faire chauffer la gomme des pneumatiques de son deux-roues motorisé: l'équipe a assuré à merveille, défendant parfaitement la "nouvelle formule" mise en place. Cette attitude s'efforçant de rapprocher encore plus le client de la cuisine, de le faire venir et revenir, porte d'ailleurs ses fruits, comme chez Christophe Comes à Perpignan. Je suis peut-être parfois un rêveur, mais je pense que beaucoup de belles tables sont en train de nous montrer qu'il y a moyen de concilier produits frais, préparation dans la maison, tarifs "étudiés" et viabilité. Il suffit de plus remplir la salle (yaka). Les convives y gagnent, le personnel se sent plus motivé et le volume d'activité augmente.

 

Le restaurant "Michel" à Groot-Bijgaarden, remportait les faveurs de nombreux amateurs bruxellois dans les années '90. Il avait de manière constante été récompensé d'une étoile Michelin. Et son chef, et patron, m'avait déjà déclaré avec beaucoup de bon sens: " Je sais que je suis la table gastronomique la moins chère à Bruxelles, mais je préfère voir ma salle pleine et pouvoir rester ouvert le plus souvent possible".

 

Même à chiffre d'affaires égal, je suis sûr qu'il avait fait le bon choix.

 


* Ma mère supporte mal la contradiction sur les sujets qui lui tiennent à coeur, comme la communion sous les trois espèces (le pain, le vin et le fromage aux fines herbes), le mariage gay(-re bâ) ou encore la féminité de Placido Domingo, mais elle accepte bien la taquinerie, je vous rassure. 

 

 

 

 

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