IL A TOUT ORCHESTRE

A droite, Patrice Boudignat
A droite, Patrice Boudignat

 

 

 

 

 

 

On se souvient de "The Graduate"

et de sa bande sonore:

... he was a most peculiar* man ...

chantaient Paul Simon

et Art Garfunkel.

 

* [après correction de l'orthographe]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cela s'applique à Patrice Boudignat. Issu du petit village de Melz-sur-Seine, en lisière de la Brie Champenoise (miam-miam), où sa famille - des homonymes en tout cas - occupent en apparence plus de la moitié des habitations, il en fut le maire "mais pas que", comme on dit maintenant.

 

Il est fermier, en poly-activité. Ce grand actif est un touche-à-tout, ce qui sous ma plume est un compliment. Il a (re)lancé la production de moutarde dans sa région et confie à un moutardier à façon d'élaborer quatre variétés de "moutarde de Provins", sans façon ni contrefaçon. Cela doit être un garçon. Elle sont fines, assez liquides car on n'y incorpore pas des tonnes d'émulsifiant ni de gélifiant.

 

Profitant intelligemment de l'opportunité d'un contrat de développement dans le cadre de la dynamisation de cette région, il a aussi implanté un élevage de boeufs à viande de grande qualité, créant un troupeau de Scottish Highland's, sans tambour ni trompette, mais avec des cornemuses. Vous savez, cette race très rock 'n roll ressemblant à un auroch (en rôle), avec sa longue toison rousse et des cornes qui ne dépareraient pas le chef de gare à Paris-Montparnasse. Leur viande est succulente, peu grasse mais néanmoins persillée, car la graisse de couverture peut compter sur l'épais pelage pour lui venir en aide, d'autant que le plateau briard n'atteint pas les températures (négatives) des montagnes calédoniennes, Gulf Stream ou pas Gulf Stream. En France, ce serait plutôt Clearstream, d'ailleurs.

 

Associé pendant deux ans avec le chef parisien André Le Letty, un ancien de la Tour d'Argent ou du Taillevent, entre autres références, il a tenu un restaurant "bistronomique" proposant de la nourriture élaborée, mais de terroir, en plein centre de Provins. Comme il me l'a confié lui-même, il a "eu les yeux plus grands que le ventre". Cette activité lui a pompé trop d'énergie, trop de temps, trop de présence pour être compatible avec sa boulimie de faire et son emploi du temps. Il a préféré l'interrompre. C'est pas si simple, d'être restaurateur, si on veut le faire convenablement !

 

Enfin - ou presque enfin - je l'ai rencontré dans une autre de ses passions. Ou plutôt, c'est le Denis de ce blog, l'homme de l'île d'Yeu, le suppôt de l'US Air Force et de Tsahal, lui-même cyber-rencontré, qui me l'a présenté, par e-mail interposé. Je vous ai déjà conté cela. En effet, il a plongé de plain-pied dans un trip de revival - je parle "djeuns" à présent - de la vigne de cuve en Île-de-France et a replanté du raisin dans son village. Cette année, il a "devancé l'appel" en vinifiant du raisin glané de-ci de-là dans la région, en attendant de disposer de sa propre récolte. Son hangar est plus grand que ma cave, de même que mon jardin est plus petit que Rome, mais il n'y a installé pour l'instant qu'une série de petites cuves de microvinification, avec l'aide d'un oenologue du coin. Je l'ai surpris, alors que je venais prendre congé, en plein travail de pressurage des rouges tout juste décuvés. Ses deux compères complotent avec lui pour donner tort au lobby des défenseurs des droits de plantation. Je souhaite vivement qu'ils y réussissent. 

 

Enfin, et ceci a justifié notre visite, si besoin était, Patrice a entrepris également, et avec succès apparemment car il en a fait sa compagne, de plaire à une charmante "fille du Nord", férue d'histoire, la jolie Marine, qui est guide touristique dans la cité de Provins, patrimoine mondial de l'Unesco. Elle nous a pilotés, Christine et moi, dans tous les quartiers de cette bourgade de même pas 15.000 habitants - moins qu'au temps des "villes de foire" - qui recèle des trésors historiques fantastiques. Je vous en reparlerai. Au passage, nous lui avons livré, ainsi qu'à ses amis, un bel assemblage de vins de la Coume Majou. Car en plus, il a l'élégance d'être un client éclairé.

 

Encore un immense merci à toi, Patrice.

 

 

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Commentaires : 2
  • #1

    Denis Boireau (mardi, 21 octobre 2014 10:21)

    a peculier man? do you mean peculiar?

  • #2

    Luc Charlier (mardi, 21 octobre 2014 12:15)

    Oui Denis. Merci d'avoir rectifié. Je profite de l'occasion pour préciser que seul la lettre des paroles de cette jolie chanson s'applique, dans le sens où "peculiar" signifie réellement "hors de l'ordinaire". Le thème de la chanson lui même serait plutôt à l'opposé de la riche personnalité de Patrice.