LE PLAT DE RESISTANCE

Aucune raison de faire la fine bouche
Aucune raison de faire la fine bouche

 

Christine et Thierry

pincent les lèvres

pour la photo.

Christine, elle,

va tirer la langue en pointe

(prononcez "poueingteu"

avec l'accent héraultais),

signe d'intense

satisfaction gourmande.

 

 

 

 

Chez Thierry, cela traduit une attention vive. Son père, qui était aussi le mien, avait la même mimique dans des circonstances identiques. Je vous illustrerai les entrées, car nous en avons dégusté quatre, dans une autre billet.

 

Ici, on nous avait laissés choisir entre un coffre d'agneau des pacages de Saint-Gilles, toute proche, et une splendide dorade à peine sortie de l'eau. Le "petit métier" saintois livre vers 18 h 30'. Elle devait bien faire 2,5 kg, la bibiche, et sa "croûte de sel" fut parfaite. A la Chassagnette, on ajoute un peu de farine (moi aussi) pour réaliser cet espèce de "lutage sans cocotte" et il ne faut pas que cela brunisse trop. C'est au moyen d'un petit attendrisseur à viande en inox que notre serveur à ébréché cette couverture: bonne idée, moi je tape comme un malade avec le dos d'une cuiller, ce qui est beaucoup moins élégant ! Les légumes, poussés sur place - parfois trois salariés pour le jardin à certaines périodes de l'année - étaient aussi parfaits que l'habitante de la Méditerranée.

 

Et ceci m'amène au coeur du débat, car certains dineurs - j'ai lu des commentaires réservés de clients texans notamment - ne comprennent pas la philosophie du lieu: la gastronomie s'adapte à une approche écologique, "bio". Tous les produits sont locaux. Tous sont de saison. Tous sont traités sans trop d'artifices et sans aucun dressage particulier. Le service est présent, attentif, très "empathique" mais se fait discret. En fait, vous avez l'impression d'être assis à la table familiale, un jour où le maître de maison - car chez nous c'est Christine la pâtissière mais c'est généralement moi au fourneau - s'est surpassé. Il n'y a jamais un verre vide, on vous laisse beaucoup de temps entre l'apéritif et le "vrai début" et ensuite, cela suit, sans heurt. Une fois arrivé le dessert, le rythme ralentit.

 

Mais pourquoi la distinction bibendum, diront certains? Pas de voiturier en livrée, pas de préposée empressée au vestiaire, pas de sommelier en tablier d'opérette et pas de décantation à la bougie. Pas de livre de cave kilométrique (mais ce qui y figure est de qualité et présenté avec intelligence), pas de langouste cubaine au caviar iranien dopée de truffe blanche d'Alba ... Non, "simplement" des produits très savoureux d'extrême fraîcheur, présentés à leur avantage. Moi, cela me va. 

 

Mon ami Marc, qui a fait des dizaines de fois le tour du monde, des bivouacs aux plus grands palaces, a été enchanté. En plus, il est féru d'architecture et d'intérieurs et a adoré la décoration ainsi que l'agencement. La charmante Nathalie qui partage sa vie depuis dix ans déjà et est un fin palais m'a dit pareil. Mon frère se léchait les doigts. Christine et moi ... nous étions déjà venus ici et nous avions donc anticipé l'enchantement : rebelote.

 

Quelle belle soirée d'anniversaire,

avec quelques jours d'avance

pour des raisons d'organisation !

 

 

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