MON BEL AUBRAC

Aubrac, entre Lozère et Aveyron
Aubrac, entre Lozère et Aveyron

 

 

 

Découvert lors des

tempêtes de neige

de l'hiver 1999,

j'y reviens constamment.

 

 

 

 

 

 

 

J'avais quitté le Puy-de-Dôme la veille, après y avoir récupéré Virginie, la Loute si vous préférez. Nous roulions dans une France désertique, alors que les pneux à crampons, neufs, du break que je possédais se régalaient sur la neige damée mais non verglacée des routes secondaires du Massif Central. Le choc, ce furent ces "vachottes": un air de jersiaise - aussi mignon et d'aussi beaux yeux - mais en plus costaud, en viandeux et sans ces hanches décharnées et ces flancs creusés qui me font pitié chez les laitières.

 

Depuis lors, ces 1300 km carrés de pâturages, ces bocages aux parcelles bordées de granit, entre Lot et Truyère, ces landes à bruyère qui forment l'ouest de la Margeride, en marge du Gévaudan, mais aussi la partie nord de l'Aveyron et, partant, le sud du Cantal, me permettent de me ressourcer, d'aller chercher la quiétude et la tranquilité d'esprit quand les angoisses, ou même simplement l'inquiétude, me rendent la vie un peu moins facile. Le socle granitique - et sa radio-activité (quelle farce) - et les failles basaltiques, les schistes, les gneiss, les collines et les Puys, les mini-sommets - il n'y a pas vraiment de volcans ou alors ils ont été érodés et rabotés - et les innombrables cours d'eau dessinent sans cesse un horizon galbé, mais lointain. On attend en permanence les Tartares au sortir du désert. Mais, guère plus que chez Buzzati je n'assisterai à leur déferlement: moi, c'est plutôt le tartare (de boeuf) avant le dessert ! 

 

Les 18 et 19 août voient traditionnellement le village de Corneilla se remplir de joyeux (?) intrus pour la Festa Majou. Malgré l'intitulé du domaine, nous préférons fermer les volets, condamner les ouvertures, éloigner les véhicules et laisser aux fêtards le privilège de faire du tintouin et aux petites frappes qui accompagnent inévitablement ce genre d'événement dans le sud de la France le plaisir de leurs menus délits. 

 

Nous avons traversé successivement la frange côtière du Fitou, les abords de Narbonne, la plaine de l'Aude là où elle file vers Minerve, le piémont cévenol jusqu'à Saint-Pons et puis franchement la belle Montagne Noire vers La Salvetat et Lacaune pour aborder le Tarn, et accessoirement franchir la rivière, en filant plein Nord sur Rodez et le sud-Rouergue.

 

De là, en territoire connu, nous sommes allés admirer une fois encore la production de la famille Durand à la "Coutellerie de Laguiole", avant de saluer Michel et Evelyne, nos hôtes de toujours à Bouët, une des chambres d'hôtes les plus accueillantes de tout le centre de la France.

 

Le soir, c'est ... Daniel, vous l'aurez deviné si vous lisez assidument mon blog, qui nous a fait manger, dans le fief de la famille Bastide, puisque nous passions par là et que justement il avait une table de libre. N'en eût-il point eu, il ne nous en aurait pas moins trouvé une. Mais ça, c'est déjà la Lozère (tout juste) puisqu'on a laissé à l'ouest la Dômerie d'Aubrac. 

 

C'est d'ailleurs autour de Nasbinals que nous sommes allés marcher hier matin, et que je vous ai pris cette photo pleine de sérénité: derrière moi, le petit lac de Saliens et un gros troupeau avec son taureau, faisant de temps à autre des nez-nez avec l'une ou l'autre de ces dames mais sans insistance particulière ni velléité de quitter le sol de ses antérieurs. Peut-être est-ce déjà fait ou alors l'oestrus n'a pas encore commencé. "Y'a plus de saisons, ma bonne dame".  Devant nous .... rahhh, le type de paysage qui me plaît, avec ce qu'il faut de cumulus pour vous rappeler qu'il ne doit pas faire beaucoup plus de 12-13 degrés; dame on est juste au-dessus de 1.000 mètres d'altitude. Et puis ginestes, chênes, hêtres parfois, lupins, arbres à papillons, renoncules, faux-oeillets, violettes, gentiane et "thé d'Aubrac", bruyère, buses et busards, milans, faucons, éperviers ... on ne sait où regarder, où gâcher du pixel.

 

J'aime l'Aubrac: ça se sent, non ? 

 

 

 

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Commentaires : 2
  • #1

    Thierry (mercredi, 20 août 2014 21:03)

    On parle de "fesses en lames de bayonnette"(et pas en larmes de bistouquette...)

  • #2

    Luc Charlier (mercredi, 20 août 2014 21:29)

    Ben, lui alors: je n'avais pas encore fini ce billet qu'il "postait" déjà cette remarque pleine de finesse, d'acuité descriptive et, disons-le, de poésie.