LA MEME SE SOUVIENT

Comme au temps de ma "Bobonne" à moi
Comme au temps de ma "Bobonne" à moi

 

Je vous montrais en juin

le bout de "l'estacade"

de Nieuport (voir ICI).

Cette fois, c'est sa

grande soeur d'Ostende

que je mets à l'honneur,

comme prétexte à ce billet.

 

 

 

 

 

Curieuse histoire que la rencontre de "Mémé Cad", alias Sylvie Cadio - ce qui n'est pas encore la version définitive de son patronyme d'ailleurs. Comme le chantait l'immense Jacques : "... le monde est plein de polissons ...".

 

Il y a bien longtemps, une Partner verte (déjà) navettait (traduction libre de "to commute") entre les Flandres et le littoral méditerranéen, suivant un des nombreux chemins qui mènent non pas à Rome mais à Compostelle. Le Domaine de la Coume Majou commençait sa longue gestation. Je me suis arrêté, presque par hasard, à la brasserie d'un hôtel au bord de la route, ayant quitté l'A 75 pour casser la graine. Le serveur cum maître de cum sommelier m'y versa au verre un mourvèdre de bonne facture, qui allait fort bien avec le parmentier de canard agrémenté d'un salpicon de foie gras constituant le plat du jour : pas léger-léger mais très savoureux, assaisonné à merveille et somme toute peu gras par rapport à la compositon du bidule. 

 

J'y suis revenu à plusieurs reprises et notamment un soir, mais du côté gastro cette fois, salle comble, et nous avons lié plus ample connaissance avec le sommelier en question. Appelons-le Thomas, c'est son nom.

 

De filet en aiguille, si je peux me permettre cette approximation palmipédique, et le temps passant, Thomas nous accueillit pour une dégustation de nos vins avant de se faire rabrouer par le chef d'un - "Tu n'oublies pas de travailler aussi !". Ce fut notre première rencontre avec Pépé Cad, Pierre Roudgé de son vrai nom. 

 

Ensuite, je racontais une anecdote au sujet d'un foie gras en papillote qui avait vu quelques secondes de cuisson en trop sur un blog ami, une "cad" réagit à mon récit avec humour et me convia à revenir faire une dégustation chez elle. Où ça, et bien, au restaurant étoilé de ... Pépé Cad. Notre Sylvie, car c'est elle, a épousé Pépé Cad il y a  .... un certain temps. Ils avaient déjà accompli pas mal de choses l'un et l'autre, séparément, avant de continuer ensemble. C'est ainsi que le courant s'est mis à passer entre nos quatre personnalités, pas toujours faciles à dompter par ailleurs. Nous sommes vite devenus des copains-fournisseurs, une position d'équilibre qui nécessite pas mal de finesse de part et d'autre. 

 

Ensuite, aidés en cela par la crise qui frappe tout le milieu de la restauration et de l'hôtellerie, et fait un ricochet vers les vignerons bien entendu, nos amis ont décidé de réduire la voilure: abandonner l'étoile de bibendum tout d'abord - le chef en avait obtenu deux en région toulousaine auparavant, arrêter le restaurant gastronomique ensuite pour ne plus conserver que l'accueil de la clientèle de passage et finalement partir à la retraite après une vie bien remplie, faite de longues nuits au fourneau mais aussi, admettons-le, de "grande vie" durant les années glorieuses de la fin du 20ème siècle. 

 

Heureusement, notre statut de copains-fournisseurs a abandonné la deuxième partie de cette désignation, mais pas la première et c'est pour nous dire bonjour que Pépé et Mémé se sont tapés Trilla, profitant de l'occasion pour saluer d'autres personnages louches également présents à la fête. Je pense à Michel Smith - forgeron, ancien chroniqueur spécialisé, carignator convaincu - et à la "Contesse" des Floris qui, faute de faire la une des articles consacrés à son très médiatisé mari - solidarité sainte du milieu des scribouilleurs - occupe toutefois très "sérieusement" le terrain. 

 

Dans ses paquets, Sylvie avait apporté la carte postale originale que je vous reproduis. Sachant mon attachement à ce terroir, patrie de tant de soles et de barbues (lekkere grieten zijn bij mij altijd in de smaak gevallen), source de ces inégalables petites crevettes grises si difficiles à décortiquer mais combien savoureuses, elle a profité du "rangement" qui accompagne tous les déménagements pour penser à moi. Je suppose que c'est le contact d'objets poussiéreux et has been qui ont établi le lien. 

 

En août 1904, ma grand-mère - on dit "Bobonne" en Belgique et ce terme revêt un caractère affectueux et pas du tout péjoratif comme en France - avait un an et la villa de Coxyde n'appartenait pas encore à la famille Demeulenaere. En fait, elle ne fut construite qu'en 1906, au sommet d'une dune, et fut échangée en 1913 pour entrer dans le "patrimoine" de mon bisaïeul, un entrepreneur de plomberie. Elle occupait toujours le sommet d'une dune à l'époque. C"était encore le cas lorsque ma mère y naquit, dans une petite chambre sur la face avant. Et c'est toujours au sommet de la même dune qu'elle y poursuit actuellement sa retraite, mais préférant dormir du côté arrière, sur le jardin. Pour être franc, elle découche beaucoup, entre Corneilla, l'Islande, Esparron de Verdon et tous les opéras d'Europe. Aucune stabilité, ces vioques !

 

Mille remerciements et affectueux souvenir, Sylvie et Pierre, et à bientôt.

 

 

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Commentaires : 3
  • #1

    Michel Smith (mercredi, 23 juillet 2014 10:09)

    Comme tout cela est beau et joliment raconté, mon Léon ! Nous n'avons pas pris le temps de bien bavarder tant la visite de Ma Cad et de son Pierrot fut brève. Mais on les réinvitera un de ces quatre !

  • #2

    luc charlier (mercredi, 23 juillet 2014 10:17)

    Oui da, ça c'est sûr. Je pense qu'ils devraient venir passer quelques jours ici. Mon hébergement et tes introductions dans la région devraient leur valoir des petites vacances croquignoles.

  • #3

    Cad (mercredi, 23 juillet 2014 15:11)

    Je vois bien que vous êtes des vrais potes! de ceux qui voudraient ENCORE me dévergonder! Mes amis il vous faudra pour cela redoubler d'imagination! Mais je ne doute pas que vous y parveniez, les mots "croquignoles" et "introductions", la première venue du fond des âges Léonins et le second, j'ose l'espérer, du rugby...
    Je vous embrasse mes amis, et pour sûr, je viendrai vous faire iech, dès que possible!