PAS DE PETIT COLI(S) AU COL DE PAILHERES

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Devant l'objectif du bon docteur P. Verhegge, vous reconnaissez un des Denis de ce blog, que les parlementaires belges appelaient parfois le "Père François", alors qu'il n'a pas le gros cou. Vous apercevez

ensuite la Civale.

Elle n'est pas partie en livraison et ne porte

donc pas de colis.

 

 

Vous comprenez mon titre - et attendez, vous n'avez pas encore tout lu. Vous me distinguez furtivement : j'a enfilé une chemise en imitation "denim" sur mon T-shirt car il ne doit pas faire beaucoup plus que 3-4 degrés là-haut. Et enfin, le "Jo" de la Cuvée Jolo, brièvement de passage en Europe car les requins de Constantia lui manquent, fourre ses mains bien au fond de ses poches. Le "Port de Pailhères" (2001 m) exhibe encore de larges plaques de neige - le 4 juillet, la même que celle que je montrais au même endroit aux amis venus fêter mon anniversaire en octobre dernier.

 

En descendant vers Ax-les-Thermes, on passe par la station de vacances d'Ascou et son petit lac. Elle vient de faire la Une des actualités car un enfant de 8 ans y a succombé des suites d'une infection intestinale à ... E. coli, du moins on le suppose ! 

 

Il ne faut pas juger trop vite et tous les élements du dossier ne sont pas encore connus - ou pas encore révélés au public. L'histoire est tragique.

Un chalet de vacances de 150 places hébergeait des enfants venus d'horizons divers pour y passer des vacances aérées avec activités montagnardes. L'eau qui alimente l'établissement a été déclarée impropre à la consommation au début du mois de juillet, pour cause de contamination fécale. Jusque là, rien d'extraordinaire. Elle provient d'une captation - il y en a plusieurs sur la commune - en pleine nature et c'est un lieu de pâturages et d'estives. Un grand nombre de bovidés, d'ovins mais aussi de chevaux, sans compter les animaux sauvages, y vont et viennent, et y paissent en toute liberté. 

 

D'après ce qu'on sait, la victime, un enfant unique, asthmatique, âgé de 8 ans et qui partait pour la première fois en colonies (!) a présenté des troubles digestifs mardi dernier. Il a été admis en milieu hospitalier mercredi matin et est décédé. L'autopsie n'a pas mis de malformation ou d'autres affections en évidence. On attend les résultats des prélèvements bactériologiques et sérologiques.

 

Les pensionnaires du bâtiment avaient été avertis du caractère non-potable de l'eau et des bouteilles étaient à leur disposition. 

 

Dans un pays comme la France, où il existe des règlements pour TOUT, et en excès, je me pose toutefois une question. Fallait-il laisser s'installer un groupe de JEUNES enfants des villes dans ces conditions ? Leurs anticorps sont formatés pour l'eau de distribution chlorée des grandes agglomérations, pas pour la vie à la campagne.

 

A huit ans, est-ce qu'on pense toujours à ne pas se servir du robinet pour se brosser les dents, ou pour une petite soif pendant la nuit ? Dans un chalet aussi grand, est-ce que l'équipe de cuisine lave les aliments avec de l'eau en bouteille ? Est-ce que les légumes sont cuits avec de l'eau désinfectée (en altitude, l'eau bout avant 100 °C) ? Est-ce que l'eau des douches n'est pas quelquefois ingérée au cours d'un jeu pendant les ablutions? Est-ce que le lave-vaisselle, ou la plonge, utilise de l'eau désinfectée?

 

Au-delà des responsabilités - on ferme les burons et on ruine de petits fromagers ou de petits artisans bouchers ou boulangers car ils n'ont pas de labo aux normes - il faut réaliser qu'on ne meurt pas à huit ans en 24 heures de déshydratation en France, surtout après une admission. C'était le cas auparavant, pendant les épidémies de choléra ou de dysenterie avant que l'on ne dispose de perfusion intra-veineuse. A présent, on meurt d'intoxication par les toxines des bactéries à Gram négatif (ETEC, EPEC, EHEC et autres), contre lesquelles on est plus ou moins démuni. 

 

Messieurs les maires, mesdasmes les préfètes, vous les responsables d'associations, réfléchissez-y à deux fois. Il est dommageable pour une collectivité rurale de se passer des revenus générés par ces lieux de villégiature et les pressions doivent être fortes pour ne pas promulguer un décret de fermeture, mais ce petit bonhomme ne devait pas mourir. 

 

J'espère que l'enquête montrera que son décès

n'est pas lié à la qualité de l'eau de l'endroit.

Sinon, j'en connais plusieurs qui devraient avoir

très mauvaise conscience, durant de longues années.

Et il se trouvera des avocats pour poursuivre

- au nom des parents, bien entendu -

les autorités responsables en dommages et intérêts. 

 

 

 

 

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