COMME UN INOUÏT

 

 

 

 

Vous connaissez

Les Eyzies, Altamira, Lascaux ...

Je vous présente Niaux,

dans l'Ariège.

 

 

 

 

 

 

Cela faisait longtemps que j'avais envie d'aller admirer l'art pariétal, et sans doute ressentir son charisme émouvant, dans les grottes de l'Ariège toute proche. La visite de mon whatever, accompagné de Patou et Denis, m'en a fourni l'occasion rêvée.

 

La proximité - relative - du col de Pailhères et d'un de nos clients chéris à Tarascon-sur-Ariège a permis de boucler le programme, avant de s'en aller passer la nuit comme je vous l'ai décrit ICI.

 

Il faut d'abord resituer le cadre: la Grotte de Niaux fait partie d'un réseau karstique apparu au sein du Cap de la Lesse dans le massif calcaire d'Olmes, qui comprend également la Grotte "de la Vache", la Grotte de Lombrive et d'autres points du Sabarthès. Il est probable qu'elle fut visitée de tout temps, sans interruption, même si le premier intérêt "culturel" remonte au début du 17ème siècle. De nombreux graffitis de promeneurs sont effectivement datés de 1632, 1657 etc .... Nous les avons vus. Le carbone 14 et d'autres recoupements archéologiques font remonter les peintures et les très nombreux "signes" à la fin du Magdalénien, soit environ 12.000 ans avant notre ère.

 

Les hommes du Paléolithique supérieur nous ressemblaient beaucoup et vivaient sans doute dans des sociétés certes plus petites que nous, mais ils avaient développé la plupart de nos habitudes individuelles, sinon sociales. Se les représenter comme des "hommes préhistoriques" à la "Flintstone" serait une erreur. On est à la période de la lampe à graisse, des propulseurs sophistiqués en os etc ... Allumer un feu à l'aide de pyrite et d'amadou prenait trente secondes à un habile individu ... beaucoup moins de temps qu'il n'en faut au beauf' moyen pour faire partir son bbq devant sa tente au camping Les Flots Bleus de Mirapatata-les-Bains.

 

Un rien plus tard, les Sumériens parlaient l'ancêtre de l'akkadien et avaient inventé le cunéiforme. Et même nous, les Celtes, ne sommes pas tellement postérieurs à eux, toutes proportions gardées. Ma "ligne du temps" serait : 12.000 -14.000 ans pour nos artistes des cavernes, 4.000 - 6000 ans pour les civilisations réellement organisées, 3.000 ans d'ici pour les adorateurs de Lug et Taranis. Il n'a fallu que 30 siècles pour qu'un joaillier voconce ou rhète se mue en Van Cleef & Arpels: gut gesheft.

 

Coupons court: le  "Salon Noir" qui est le clou de la visite, renferme des représentations magnifiques, au charbon de bois et à l'oxyde de manganèse, tandis que de l'hématite a également été utilisée pour les traits, points et claviformes. On y voit une belette très stylisée, des chevaux faisant penser aux fjords ou aux przewalski, des cervidés, quelques mouflons et, seigneurs d'entre les seigneurs, des bisons. On nous dit que ces derniers ne constituaient d'ailleurs pas un gibier. Trop futés, peut-être ? 

 

Il semble que, outre le doigt, le pinceau a dû servir de moyen d'application. Malheureusement, manche de bois, crin d'animal et cire ou suif avec un lien végétal pour faire tenir le tout ne sont pas parvenus jusqu'à nous. Dans 12.000 ans, il ne subsistera rien d'autre du big-mac merdique non plus que sa bogue en polymères. Les archéologues de l'époque ne comprendront pas pourquoi ils en trouvent autant rassemblés aux alentours des grandes villes, au milieu des résidus fossiles de mouettes, cormorans et milans royaux.

 

Sic transit merda mundi.

 

 

 

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