LES CHOSES QU'ON NE DIT PAS

D'improbables clichés (15 mai 1986)
D'improbables clichés (15 mai 1986)

 

 

 

 

Vous ne verrez

pas souvent cela:

Polaroid l'a fixé

pour l'éternité.

 

 

 

 

Alors jeune (presque 30 ans) "résident étranger" à l'hôpital Bichat, le titre que donne l'AP/HP aux post-gradués allochtones qui ne sont pas inclus dans le cursus des prestigieux (?) "Internes des Hôpitaux de Paris", j'avais pris une paire de jours off, et accessoirement le TGV à ses débuts, pour rejoindre les environs de Valence. Je tenais depuis 2 années la chronique oenologique créée pour moi par la revue médicale Semper, sous la direction à l'époque du collègue Marc Czarka, qui n'était pas encore entré dans l'industrie pharmaceutique, mais avait déjà renoncé à son souhait premier: celui de devenir psy. Salut à toi, Marc.

 

J'avais été reçu toute la jourée à cette occasion par un homme de grande taille, très aimable collaborateur de la famille dont j'ai oublié le nom, qui m'avait mené au travers d'une dégustation exhaustive - cela se voit à nos mines - puis dans le vignoble. Le marketing de l'époque immortalisait au Polaroid ces visites et mon hôte, secondé par Marc Chapoutier, s'y était collé. Si je me souviens bien, Max, le père des deux fils, était venu passer le nez par la porte mais je ne suis plus certain. Officiellement, il avait plus ou moins cessé de diriger l'affaire en 1977, mais Michel Chapoutier n'a perpétré son "coup" qu'en 1990.

 

J'ai cru croiser Marc à Londres, quelques années plus tard: il avait beaucoup forci et je pense qu'il a connu à cette époque des ennuis de santé. 

 

Curieuse destinée que celle de la dynastie Chapoutier, dans laquelle les prénoms commencent par "M". Je me garderai bien de juger le bien-fondé ou non des décisions, et presqu'aucun journaliste ne s'est appesanti sur le sujet: c'est pourtant aussi de l'information. Toujours est-il que 3 générations ont coexisté un temps, les Marc / Max / Marc & Michel avant le collapsus; et à présent, Chapoutier ... c'est Michel que je ne connais pas personnellement et qui s'est assuré du contrôle total de la société, du raisin aux expéditions. 

 

Ses prises de position à l'emporte-pièce ne laissent pas indifférent, ses vins enchantent ou déconcertent et il réussit en permanence à diviser le monde en deux: ses détracteurs à qui il fournit pas mal d'arguments par le caractère souvent provocateur de ses affirmations et ses inconditionnels, charmés par l'impulsion qu'il a donnée à son empire et par le style de ses vins. Ajoutez un poil de corne de vache et pas mal d'ésotérisme et vous aurez un aperçu fidèle de la situation.

 

Pour moi, c'est une tranche de vie. Je n'ai aucune honte à vous faire voir ma veste étriquée, dont dépasse la manchette de chemise droite. En fait, et on a rectifié cela plus tard, les manches n'avaient pas la même longueur. Je n'ai jamais porté beaucoup d'intérêt à ma "mise", avant d'en faire, et n'ai aucun goût vestimentaire. C'est comme cela. Tant mieux, je ne regrette donc pas de ne pas pouvoir me saper comme il faut ni être "tiré à quatre épingles". 

 

Nostalgie: les cheveux châtains, les joues creuses,

l'absence de bide et de double menton ...

plus une curiosité insatiable ! 

 

 

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Commentaires : 2
  • #1

    LALAU (mardi, 24 juin 2014 12:04)

    Tu dis que ta manche est trop courte. Moi je tu que tu as le bras long.

  • #2

    Luc Charlier (mardi, 24 juin 2014 12:09)

    Vas-t'en savoir, Hervé. Heureusement qu'il ne s'agit ni d'un slip ni d'un bermuda !