REFLEXIONS

Argelès-sur-mer: la plage
Argelès-sur-mer: la plage

                           

 

                            Ce dimanche matin me voit légèrement neurasthénique, mélancolique et un tantinet nonchalant. En outre, le léger voile qui embrume mes pupilles, tous les jours au réveil à présent, tarde un peu à se dissiper. J'ai promis de rendre ma comptabilité au cabinet qui s'en occupe dès demain et ... foutue journée de paperasse en perspective.

 

Vous avez devant vous l'aspect de la plage à Argelers de la Marenda au coucher du soleil le 5 avril dernier. Mon frère vous dirait que c'était un samedi et il aurait raison. Pourtant: geen kat te bespeuren, pas un chat. Imaginez un week-end d'avril et ce temps-là au littoral belge: il y aurait la grande foule.

 

Les Pyrénées Orientales - et Dieu sait si la région est belle - semblent s'enfoncer de plus en plus dans la misère, basée sur une société à deux vitesses. La vie y coûte très cher, car il existe des possédants qui ne comptent pas trop leurs sous et, par contre, la précarité et le nombre des exclus y sont très importants. Les commerces tournent sur un petit nombre d'articles seulement et doivent donc faire leur marge au moyen de peu de clients, tout en ayant des frais de fonctionnement élevés (loyers chers, transport coûteux vers cette région éloignée des grands axes, efficacité modérée des collaborateurs, notion laxe des obligations horaires ...).

 

Or, il existe ici un vrai potentiel: local d'une part, mais aussi importé car les atouts naturels de la région sont bien là. Que faire donc?

 

Plus facile à dire qu'à réaliser: se débarrasser de la "machine d'état" au sens large, de la gouvernance séculaire. La France pousse ici jusqu'à la caricature sa dichotomie droite-gauche, en elle-même déjà contre-productive. Chaque clan possède son propre clientélisme, exacerbé, évident aux yeux de tous et néanmoins maintenu, reconduit dans les urnes de scrutin en scrutin. 

 

Et le nombre de ceux que j'appelle - ils adorent cela ! - les "parasites" ne diminue pas: tous ceux qui vivent sur le dos de la population active. Il ne s'agit pas tant des sans-emploi que de ceux qui en ont effectivement un, mais vide d'utilité, de sens, de réalité en fait. Leur emploi n'est pas un travail : le mot est lâché. La France semble bien être une championne. Championne dans l'art de nommer un nombre incroyable de personnes à des postes qui ne servent à rien mais où ils possèdent le pouvoir de nuire. Championne pour brimer les bonnes volontés des autres et pour encourager à la paresse ou tout au moins l'indolence.

 

Dans l'hexagone, nous avons fait le choix de servir la restauration haut de gamme en priorité. Je découvre ce milieu, dans le sillage de Christine qui y passe tout son temps. Nous avons rencontré énormément de gens compétents, bien formés, entreprenants, fiers voire orgeuilleux, durs à la tâche mais ... peu récompensés de leurs efforts.

 

En face, nous avons évité, ou alors rapidement "zappé", une foule de bras cassés, souvent modérément honnêtes en plus, qui tentent de faire leur beurre - dans une région où la cuisine se ferait plutôt à l'huile d'olives - en arnaquant le chaland à la vitesse "grand V" mais durant un temps "petit t": du 14 juillet au 15 août, car la saison ne dure guère plus longtemps ici.

 

Au-delà de mes aigreurs envers la GD, j'en développe d'autres, aussi vives, envers la restauration qui triche. Comme je ne suis pas homme à mâcher ma rancoeur dans mon coin, je vais tenter une campagne pour défendre la gastronomie à laquelle je crois, et vous inciter, vous qui me lisez, à ne pas fréquenter l'autre. En outre, je rencontre quand même des individus qui font le même choix que moi. Normal, me direz-vous, vous évitez le contact des autres. C'est vrai.

 

Bon dimanche à vous, bon appétit. J'ai convaincu Christine de me faire de la brioche, à la mode Bajard. La pâte doit cependant lever assez longtemps et elle-même ne l'est pas encore, levée, à l'heure précoce d'écrire ces lignes. 

 

I'll keep you up-to-date!

 

 

 

PS: Ne me dites pas que c'est trop facile, que c'est là un discours réac' et défaitiste. Il ne s'agit pas d'un discours, mais d'une constatation. Ce n'est pas une attitude réactionnaire, ni défaitiste: le potentiel est là, prêt à fonctionner, mais il faut arrêter de le juguler, de lui mettre des bâtons dans les roues. Il faut surtout revoir entièrement le système éducatif, augmenter la formation pratique et faire voir aux plus jeunes qu'on ne peut pas tout avoir tout de suite, comme en appuyant sur un bouton. 

 

 

 

 

 

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