LA CHANSON DE ROLANDE ... ET CYRILLE

 

 

 

 

 

 

C’est celle

que

je vais

vous chanter

à présent.

 

 

 

 

 

 

 

Au bout de 5 coups de téléphone, nous avons réussi à avoir une table chez les sympathiques époux Domagala. Je vous explique. Cyrille est un Lorrain émigré chez nous*, où Christine et moi l’avons rencontré courant 2007 : lui s’était établi une grosse année auparavant sur ce coin de rue aux jolies briques d’argile, d’où le nom, tandis que Christine venait de commencer à prospecter la belle restauration avec nos vins. Quant à Rolande, sa famille est originaire des îles du Cap Vert – vous savez, ce luxuriant coin d’Afrique où l’on parle un lointain dialecte portugais si doux à l’oreille, avec les accents de la regrettée Cesaria Evora ou Herminia, ceux de Mayra Andrade, de Lura, de Fantcha, mais c’est au pays catalan qu’elle est venue mettre ses enfants au monde (un diable de garçon et puis deux jumelles). Nous avons rapidement sympathisé, d’autant que la cuisine maison est - comment vous dire ? - inventive et personnelle mais immédiatement jouissive. Cyrille transforme le produit de saison principalement, sans aucun complexe ni obligation, comme bon lui semble et sur le moment. Sa carte et ses menus changent tout le temps, la décoration et le mobilier du restaurant aussi, allant de plus en plus vers un côté « sobre », mais pas terne.

 

Ces deux-là ne travaillent  ... qu’à eux deux, les tables sont espacées et le nombre de couverts réduit. A midi, ce sont surtout des locaux, cadres et employés du secteur tertiaire, ou alors les professions médicales, qui goûtent sa cuisine. Le soir, on vient de loin en connaisseur pour s’asseoir chez lui. Oui mais voilà : le chef accepte de nombreuses occupations associatives créant autant d’obligations, régale aussi des groupes constitués et n’accepte pas plus de tables que ce qu’il peut servir dans des conditions optimales. Vous l’avez compris : quand, comme nous, on se décide tard, il n’y a souvent plus de place !

 

La carte des vins est petite en nombre de références, tourne assez souvent et est choisie en fonction des menus proposés : laisser faire Rolande est la meilleure solution. Pour la cuisine, je vous donne le même conseil : suivez les inspirations du chef, toujours très ciblées sur les fournitures locales et de saison. Faites néanmoins attention : c’est copieux !

 

Pour ne citer que la « mise en bouche » d’hier, avalez avec moi un velouté de petits pois ( - la saison, vous dis-je) très assaisonné par des ... fèves tonka et rendu moelleux par des copeaux de parmesan pas trop affiné (pour éviter l’aigreur sans doute). Oui, des fèves tonka : il s’agit du fruit de l’arbre qui donne le bois de teck, le Gaïac de Cayenne, et ce sont d’ordinaire les pâtissiers, les chocolatiers (dont notre Pierre Marcolini national) et les parfumeurs qui l’utilisent. Pour l’anecdote, on peut aussi en extraire la coumarine, un anti-coagulant puissant. D’ailleurs, à haute dose, la fève tonka fera du tort à votre foie et on la soupçonne d’être cancérigène. Rassurez-vous, les quantités nécessaires à aromatiser les plats et le chocolat de dégustation ne vous feront que .... du bien !

 

C’est sur le perron que nous avons terminé la soirée (par une séance de pose), à l’endroit même où le chef grille un/une clope de temps à autre. Eh oui, il a bon appétit mais reste aussi un amateur de tabac. Pas bien ça.

 

On le lui pardonne.

 

 

 

* : j’écris « chez nous » en voulant dire aqui. Pas mal pour une Italo-Héraultaise et

    un Brusseleîr.

 

 

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