LA PETITE CABANE APRÈS LE SCRUTIN

A voté
A voté

 

 

 

 

 

 

 

 

Soulagée ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Christine s’en va d’un pas décidé peu avant le résultat final du dépouillement des municipales à Perpignan, hier. C’est sûr que cela nous dérange, nous donne la nausée ou même pire. Nous n’avons sûrement pas envie de pisser de rire.

 

Vous aurez sans doute appris entretemps que le candidat frontiste obtient autour de 34 % des suffrages exprimés lors de ce premier tour, alors que la participation a atteint un très bon niveau. Il devance le candidat de la droite classique, maire sortant et copie conforme des membres du clan Alduy, les oligarches qui ont géré cette ville de plus de 100.000 habitants depuis presque trois quarts de siècles. Il a réalisé 30,5 % comme score. Derrière, loin derrière, une gauche archi-éclatée, présentant un candidat socialiste officiel au profil improbable, ramasse les miettes, dont un tout petit 12 % pour ce dernier.

 

Je répète à l’envi que je ne suis pas critique gastronomique. Eh bien, je ne suis pas politologue non plus. Toutefois, j’observe. Et ce que je vois me désole. Le concubin de madame Lepen a raison : on a voté à Perpignan contre le clientélisme endémique de la famille Alduy à droite, et contre celui tout aussi institutionalisé des sympathisants du Conseil Général, à gauche. Comme tous les candidats de son mouvement, il ne propose aucun programme et se contente de montrer du doigt toutes les faiblesses, Dieu sait s’il y en a et Dieu sait si tout le monde les voit, des équipes dirigeantes ayant sévi ici depuis des décennies.

 

Perpignan est la ville la plus pauvre de France, dans le département le plus misérable de l’hexagone : précarité effrayante, nombre de sans-emploi record, nombre de cas sociaux faramineux, tissu médical et culturel en-dessous de tout. Les plus gros employeurs sont une grande surface et un chocolatier !

 

Et que fait le peuple ?  ... il apporte sa caution à un mouvement à vocation fascisante et anti-démocratique, sans aucune compétence au niveau de la gestion.

 

Que va-t-il se passer au deuxième tour ? Tout d’abord, ces messieurs des appareils pensent qu’ils « possèdent » le vote des électeurs. C’est vrai pour une infîme proportion : ceux qui sont encartés et qui obéiront, et ceux qu’on achète par communauté entière, car c’est le cas ici, et qui feront ce que leur caïd leur dira de faire, leur chef de tribu. Sinon, l’issue du scrutin dépendra d’une seule chose, contrairement à ce que dit de manière dogmatique le patron du Conseil Régional, dans sa lointaine Montpellier : du sentiment « républicain » de la masse de ceux qui votent à gauche.

 

Ou bien ils souhaiteront faire obstacle coûte-que-coûte à « la bête » (oui, diabolisons à fond, cela le mérite) et éliront M. Pujol, son immobilisme, sa mauvaise foi et la promesse que tout continuera à aller comme avant, c’est à dire mal. Ou bien, lassés de tant d’années de ce système, ils n’iront pas voter et Perpignan deviendra la première ville importante de France à renouer avec l’ambiance pétiniste. En tant qu’étranger, cela ne me panique pas : j’ai la peau claire, je parle la langue et mes cheveux sont courts. En outre, je n’ai pas de carte de parti, on ne me connaît pas de petit ami et je n’ai aucun talent artistique. Donc, je ne suis a priori pas dangereux, d’autant que je ne sais pas tirer.

 

Mais cela me glace le sang quand même !

 

 

 

 

 

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Commentaires : 1
  • #1

    Hervé LALAU (lundi, 24 mars 2014 11:53)

    Bien pensé, bien écrit. Attention, tu vas faire tache dans le département.
    Et pourtant, que c'est beau le Roussillon, et combien de gens "bien" il abrite...