EPIQUE ?

 

 

 

 

 

Venant du pays

de la Saga,

ce récit plutôt intimiste

m’a emballé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ecrire, voilà bien une obsession. L’écriture adoucit l’angoisse, stimule l’énergie, rend fier ou au contraire désolé, en cas d’insuffisance.

 

Qui connaît Jón Kalman Stefánsson ? Sa biographie nous dépeint un touche-à-tout, un dilettante, qui fut maçon et pêcheur après ses études secondaires. Il fit ensuite une tentative à la Faculté des Lettres, sans rien mener à terme, donna quelques cours et fit des piges dans la presse islandaise. Puis, il émigra vers la capitale danoise ... pour y lire, principalement. Rentré au pays, après avoir été un temps bibliothécaire, il écrit depuis l’âge de 37 ans des romans et des contes. Voilà donc une vie consacrée à la pâte à papier.

 

Je ne connais pas l’Islande. Pourtant, cela a bien failli. Mon frère et moi participions à des camps de poney islandais dans le Gelderland et y avons même fini moniteurs. A l’époque, nous avions obtenu le financement – parental – pour un séjour dans le pays mais à la condition expresse ... de passer chez le coiffeur pour une coupe de cheveux à leur goût. Cela était une source de conflit importante entre eux et moi. Je ne suis pas allé en Islande.

 

Mon frère, lui, y séjourne presque chaque année une bonne semaine depuis quelque temps. Atteint de calvitie depuis le début de l’âge adulte, il n’a jamais trop cristallisé de crispations sur le sujet et sa profession lui permet de voyager sans puiser dans l’héritage familial.

 

Ce roman-ci se déroule sans doute vers la fin du XIXème siècle. Il comporte essentiellement deux thèmes majeurs : la mer et ses dangers, les interrogations de l’homme qui sait lire et qui a lu. Loin du souffle épique des sagas – pas de colonisation, pas de rois scandinaves, pas de mythologie – ce roman narre comme le ferait Orwell (ou Stefan Brijs) la difficulté du quotidien pour un jeune homme obligé de sortir en mer sur un banc de nage, par tous les temps. A côté de cela, il dépeint avec humour, affection et même une compassion non larmoyante, les interrogations et les états d’âme du jeune rameur, lequel porte un regard plein de maturité, et de fatalisme, sur le monde qui l’entoure et sur ses moeurs.

 

Cette lecture, hautement recommandée, ne vous remontera pas le moral en cas de grosse déprime, mais j’y ai découvert la description d’un quotidien riche des pensées hautement « intellectuelles », presque métaphysiques, d’un jeune homme essayant d’échapper à la noirceur de l’existence par la lecture, l’amitié, l’introspection. Peut-être est-ce que j’y retrouve une partie de mon vécu personnel ?

 

Le titre original Himnariki (voir hemel, Himmel ...) og Helviti (voir hel, Hell, hell ...) évoque faussement une dualité que je n’ai pas ressentie. Sa traduction, légèrement interprétative, rend très bien cette indécison qui fait osciller le personnage principal entre l’un et l’autre, sans jamais choisir.

 

Très astucieux.

 

 

 

 

 

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Commentaires : 1
  • #1

    Retta Wierenga (mardi, 31 janvier 2017 18:49)


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