UNE TOURNANTE, VINCENT !

Tête-à-tête
Tête-à-tête

 

Ne cherchez aucune

signification cachée,

du nieme degré,

dans mon titre.

Il faut le prendre

« at face value »,

pour le jeu de mots

seulement.

 

 

 

 

 

 

Une fois encore, c’est le billet de Vincent Pousson, qui a recommencé à en écrire à un rythme honnête, qui suscite le mien.

 

Je suis très angoissé car on a l’impression que les affaires reprennent un peu après 6 mois de quasi-hibernation économico-déclenchée, et je ne veux pas rater le bon wagon. Moi, l’angoisse, elle me paralyse. Le stress aussi. Mais, avec la soixantaine qui approche, j’ai appris à me connaître et à contrer cette bête immonde : il faut que je m’active, que je lise et que j’écrive, beaucoup. Tant pis pour vous.

 

Je ne connais que très mal Pousson. Je l’ai rencontré une seule fois, dans son fief de Catalogne qu’il dénigre et chérit concomitamment – ai vérifié, il n’y a qu’un redoublement de consonne dans ce mot. Je parie qu’il raffole des fruits de mer, or, il fait mieux que Clovis lui-même : il brûle et adore en même temps, sans baisser la tête. Je ne sais rien de son passé : quinziste à Toulouse, baptiste à Lourmarin, publiciste à Embres, pigiste à Paris, humaniste à ses heures et écologiste de la quinzième heure ... Souvent, je me trouve en phase avec lui, même quand il n’est pas en face de moi.

 

Je mate. Oui, je mate. Mon père matait. Mes deux fils matent. Mon neveu mate. Mon frère mate. Je crois que tous les hommes matent. Il n’y a pas de mal à mater.

 

Pourtant, la mate gâche les tête-à-tête au restaurant. Qu’elles vous le disent ou non, vos compagnes – fixes, occasionnelles, amicales ou intimes – enragent quand vous ne portez pas toute votre attention sur elles à table. Moi, qui mate avec autant de discrétion qu’un cheval de trait à qui on enlève les oeillères, je vous garantis qu’il ne faut pas y voir à mal, que mater n’est pas draguer, que .... etc, eh bien, je vous répète que cela envenime les relations dans le post-restaurant immédiat.

 

Or, comment ne pas mater ? L’être humain dispose d’une vision, sinon panoramique, au moins périphérique large et nous sommes, nous les hommes, ces êtres éminemment supérieurs (au singe, je n’ai pas dit à la femme), capables de fixer toute notre attention et de porter tout notre intérêt sur la créature exceptionnelle, unique et merveilleuse qui nous fait face à table ... et de mater cependant. Passons.

 

Moi, maintenant, je me mets systématiquement face au mur. Manque de bol, la dernière fois, il y avait une copie d’un Modigliani .... grandes lèvres face à moi et il paraît que j’ai maté quand même ! T’es un beau salaud, Amedeo.

 

Et Sire Pousson m’apporte la solution : je vais donner la priorité aux tables uniques. Je ne mangerai plus, lors de mes tête-à-tête, que dans des établissements refusant les autres clients ou alors mettant un salon privatif, comme l’alpha, à ma disposition. Ce n’est pas gagné.

 

Mais au moins, nous aurons pu vérifier l’orthographe de « tête-à-tête ». Comme je le subodorais, ce mot reste invariable au pluriel. S’il pouvait y avoir plusieurs têtes l’une en face de l’autre, on parlerait d’hydre de Lerne. Dans le sud de la France, ou en Catalogne post-franquiste, la présence de platanes en grand nombre rend cette éventualité plus probable.

 

Notez, cela intéressera Pousson à qui j’envoie le lien, que pot-au-feu ne prend pas de –s final au pluriel, ni de -x non plus. D’où l’expression : « Touche pas à mon pot-au-feu » chez Daguin alors qu’il préparait sa célèbre garbure au canard, au thon, à la lamproie, au caviar de la Garonne, aux ananas, au yuzu et au cédrat de chez Bachès ...

 

Un truc simple et bien gascon.

 

 

 

 

 

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Commentaires : 2
  • #1

    Charlier (jeudi, 13 mars 2014 21:56)

    Journée formidable pour mater aujourd'hui : séance de mise en comparution du Conseil de l'Ordre à Jambes cet après-midi et j'y suis allé en train . Brabant wallon fabuleux avec les fruitiers en fleurs , puis trente minutes à pieds de la gare de Namur à Jambes, de l'autre côté, sur la rive droite de la Meuse. Les Wallonnes sont belles aux premiers beaux jours ...

  • #2

    Luc Charlier (vendredi, 14 mars 2014 08:41)

    Est-ce que tu as croisé Lunia Czechowska?